Cette semaine, l’État s’interroge sur ses propres règles pendant que les citoyens s’organisent pour interroger sa dette. Entre un code de conduite pour les agents publics, une fermeture d’échoppes à Dakar et une Assemblée Citoyenne consacrée aux finances publiques, la même question traverse les sujets : qui rend des comptes, et à qui.
🏛️ Un code de conduite pour les agents de l’État
Lors du Conseil des ministres du 1er juillet, le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public a présenté un projet de loi portant Code général d’éthique et de déontologie des agents publics. Ce texte vise à fixer un cadre de comportement attendu de la part de celles et ceux qui exercent une mission au nom de l’État, dans un contexte où les citoyens réclament de plus en plus de clarté sur la manière dont l’administration rend des comptes.
Un code de ce type définit habituellement des obligations de probité, d’impartialité et de transparence, avec des mécanismes de contrôle et, potentiellement, de sanction en cas de manquement. Sa portée concrète dépendra des textes d’application qui viendront préciser comment ces principes se traduisent dans le quotidien des services publics. Le débat, s’il a lieu, portera sans doute sur l’indépendance des organes chargés de faire respecter ce code.
Source : Gouvernement du Sénégal, Communiqué du Conseil des ministres du 1er juillet 2026 (primature.sn, 1er juillet 2026).
Ce souci de règles internes à l’État se prolonge, à une tout autre échelle, dans les cuisines et fournils de la capitale.
🩺 Vingt-neuf boulangeries fermées à Dakar
Les autorités ont procédé à la fermeture de 29 boulangeries traditionnelles à Dakar, pour non-respect des normes d’hygiène. Une mesure de ce type touche directement à un geste quotidien : acheter son pain. Elle rappelle que la sécurité sanitaire des aliments ne se limite pas aux grandes filières industrielles, mais concerne aussi les points de vente de proximité que fréquentent la majorité des ménages.
Ce contrôle intervient alors que, la même semaine, un atelier africain sur la sécurité sanitaire des aliments se tenait à Abidjan, réunissant des experts de plus d’une trentaine de pays autour de la nécessité de renforcer les systèmes de contrôle alimentaire sur le continent. Les deux échelles, locale et continentale, posent la même question : comment garantir qu’un produit de base reste sûr, du champ ou du fournil jusqu’à l’assiette.
Source : Afrik Soir, « Sénégal : 29 boulangeries traditionnelles fermées à Dakar pour non-respect des normes d’hygiène » (afriksoir.net, 3 juillet 2026).
De la vigilance sanitaire à la vigilance budgétaire, il n’y a qu’un pas : c’est celui que des citoyens s’apprêtent à franchir ensemble ce week-end.
🤝 Une Assemblée Citoyenne consacrée à la dette du Sénégal
Ce samedi 4 juillet à 15h30, au Parc de Hann, le Divan Citoyen organise, avec le FRAPP (Front pour une Révolution Anti-impérialiste Populaire et Panafricaine), une Assemblée Citoyenne sur le thème de la dette du Sénégal. Cette rencontre en présentiel s’inscrit dans un contexte où le sujet de la dette publique occupe une place croissante dans le débat national : selon le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2027-2029, le pays devra rembourser près de 18 709,7 milliards de francs CFA sur cette période.
À la veille du Débat d’orientation budgétaire à l’Assemblée nationale, le FRAPP avait par ailleurs interpellé les autorités sur le report à 2029 de l’objectif de ramener le déficit budgétaire à 3 % du PIB, et réitéré sa demande de mise en place d’un Comité d’audit citoyen de la dette, associant institutions de l’État, organes de contrôle, parlementaires, organisations citoyennes et experts indépendants. L’Assemblée de ce samedi propose aux citoyens un espace pour se saisir eux-mêmes de ces questions techniques, souvent réservées aux spécialistes.
Source : FRAPP, communiqué relayé par Senego, « Le peuple sénégalais ne saurait être pris en otage » (senego.com, 29 juin 2026) ; Divan Citoyen, affiche officielle de l’Assemblée Citoyenne du 4 juillet 2026.
Cette question de la dette et de la souveraineté économique déborde d’ailleurs largement les frontières nationales — elle se joue aussi dans les institutions régionales et continentales.
🌍 La ZLECAf change de présidence, mais reste mal connue
Le Nigeria a officiellement succédé à l’Égypte à la présidence du Conseil des ministres chargés du Commerce de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), à l’issue d’une réunion tenue le 30 juin à Abuja. Ce Conseil est l’organe qui examine les grandes orientations stratégiques de l’accord, considéré comme la plus vaste zone de libre-échange au monde par le nombre de pays participants, avec un marché de plus de 1,3 milliard de consommateurs.
Le secrétaire général de la ZLECAf a appelé les États membres à accélérer la mise en œuvre effective de l’accord pour renforcer la résilience économique du continent face aux tensions commerciales internationales. Pourtant, une enquête Afrobarometer a montré que seulement 14 % des Sénégalais connaissent l’existence de la ZLECAf, alors que 82 % d’entre eux souhaitent voir les pays africains peser davantage dans les décisions des institutions internationales. Un écart entre l’ambition affichée pour le continent et la connaissance qu’en ont les citoyens eux-mêmes.
Source : Financial Afrik, « ZLECAf : le Nigeria succède à l’Égypte à la présidence du Conseil des ministres du Commerce » (financialafrik.com, 1er juillet 2026) ; Afrobarometer, « Les Sénégalais veulent s’ouvrir au monde, mais restent peu informés sur la ZLECAf » (afrobarometer.org).
Cette méconnaissance des mécanismes économiques trouve un écho préoccupant dans un autre domaine : celui des arnaques numériques qui exploitent la confiance des citoyens envers des visages familiers.
🔍 Une vidéo d’une personnalité connue vous propose un placement financier ? Méfiance.
Sur Instagram et TikTok, des publicités circulent en Afrique de l’Ouest, y compris au Sénégal, mettant en scène des personnalités publiques qui semblent, en vidéo, recommander des plateformes de cryptomonnaies ou d’investissement. Il s’agit, avant toute chose, d’un contenu à traiter avec la plus grande prudence : ces vidéos ne sont pas authentiques.
Le mécanisme en cause est le deepfake, une technique de manipulation vidéo par intelligence artificielle qui permet de faire dire ou faire paraître à une personne des propos qu’elle n’a jamais tenus. Aucune personnalité publique ne contacte ses admirateurs pour leur proposer un placement financier, et un rendement garanti de 30 % par mois n’existe dans aucun investissement légitime.
À ce stade, ces contenus ne font pas l’objet d’un fact-check nominatif publié par un organisme sénégalais de référence, mais le phénomène est documenté à l’échelle régionale, notamment au Cameroun et en Côte d’Ivoire, où des autorités financières ont signalé des cas similaires. Pour se prémunir, il est recommandé de vérifier la certification du compte à l’origine de la publicité, de ne jamais engager de fonds sur la base d’une vidéo isolée, et de signaler tout compte suspect à la plateforme concernée.
Source : Afrik Mag, « Arnaques WhatsApp et Instagram : les pièges qui vident les comptes en 2026 » (afrikmag.com, 5 mars 2026).
Face à ces manipulations, il est bon de rappeler que l’initiative et l’authenticité citoyenne existent aussi, et qu’elles portent leurs fruits.
✨ Dix entrepreneurs sénégalais récompensés par la Tony Elumelu Foundation
La Tony Elumelu Foundation a dévoilé la cohorte 2026 de son programme d’entrepreneuriat : parmi 3 200 bénéficiaires retenus sur plus de 265 000 candidatures à l’échelle africaine, dix entrepreneurs sénégalais figurent parmi les lauréats, chacun soutenu à hauteur de 50 000 dollars. Leurs projets couvrent l’éducation et la formation, l’agriculture et l’agrobusiness, les industries créatives et les médias, ainsi que l’économie circulaire.
Le fondateur du programme a rappelé que le développement du continent repose largement sur la réussite de ses entrepreneurs, et a invité les lauréats à transformer leur potentiel en impact concret pour leurs communautés. Une nouvelle illustration d’une tendance de fond au Sénégal, où de plus en plus de jeunes entrepreneurs investissent des secteurs à fort impact économique et social.
Source : EmediaSN, « Entrepreneuriat : dix Sénégalais sélectionnés au programme TEF 2026 et soutenus à hauteur de 50 000 dollars » (emedia.sn, 23 mars 2026).
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