Chaque semaine, le Divan Citoyen passe en revue l’actualité qui compte — pour comprendre, pas seulement pour savoir. Cette semaine a mêlé les registres : un État qui structure l’engagement de sa jeunesse, des femmes qui construisent leurs propres réponses aux défis communautaires, une victoire sanitaire discrète mais réelle, et une diplomatie régionale qui se réinvente sous présidence sénégalaise. En toile de fond, la vigilance reste de mise face à une information qui circule plus vite qu’elle ne se vérifie.
🏛️ Un cadre national pour canaliser l’engagement de la jeunesse
Le Conseil des ministres, réuni exceptionnellement le 16 juillet, a acté le lancement du Programme national d’Engagement citoyen. Présenté par le Premier ministre comme le cadre fédérateur de la mobilisation de la jeunesse au service de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050, ce dispositif ambitionne de créer un continuum entre l’école, la citoyenneté active et le monde socio-professionnel. Chaque projet du Masterplan 2025-2034 est ainsi appelé à devenir, selon les termes du gouvernement, une école de citoyenneté, de compétences et de responsabilité.
Le programme repose sur trois volets complémentaires : la Saison d’Engagement citoyen, le Stage citoyen professionnalisant et le Service civique professionnalisant. L’objectif affiché est de renforcer l’employabilité des jeunes et de mieux arrimer leur formation aux besoins de l’économie nationale. Reste à voir comment ce cadre institutionnel dialoguera avec les formes d’engagement citoyen qui se construisent, elles, en dehors des dispositifs d’État — à l’image de ce qui s’est joué cette même semaine à Dakar, du côté de la société civile.
Source : APS (aps.sn), 16-17 juillet 2026.
🤝 Des laboratoires citoyens portés par des femmes, sans attendre l’État
Pendant que le gouvernement structurait son propre cadre d’engagement, une initiative venue de la société civile s’est refermée vendredi 17 juillet à Dakar. La première édition d’Africana Lab Dakar — présenté comme le premier réseau africain de laboratoires citoyens féministes — s’est achevée par la présentation de cinq prototypes de projets citoyens portés par des femmes, au terme d’une semaine d’ateliers consacrés au prototypage, à la coopération et à l’intelligence collective.
Coordonnée par l’association espagnole GRIGRI Project et mise en œuvre simultanément au Sénégal, au Mali et en Mauritanie, l’initiative se poursuit jusqu’en novembre 2026 : chaque équipe continuera de bénéficier d’un accompagnement technique et financier pour tester ses solutions avant de solliciter des financements plus importants. Ndèye Mané Touré, coordonnatrice régionale du projet, y voit une phase préparatoire destinée à donner aux porteuses de projets une maturité suffisante face à de futurs partenaires. Une manière de rappeler que l’engagement citoyen ne se décrète pas seulement depuis un ministère.
Source : APS (aps.sn), 17 juillet 2026.
🩺 Le trachome éliminé : une victoire qui vient de loin
Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a annoncé jeudi 16 juillet que l’Organisation mondiale de la Santé a officiellement certifié l’élimination du trachome comme problème de santé publique au Sénégal. Le pays rejoint ainsi un cercle restreint de 25 pays dans le monde — neuf en Afrique — à avoir atteint cet objectif.
Cette reconnaissance couronne un travail de longue haleine, intégré au fil des années au Programme national de lutte contre la cécité puis au Programme national de promotion de la santé oculaire, pour en assurer la pérennité. Le ministère la présente comme une nouvelle étape, 21 ans après la victoire obtenue contre la dracunculose, vers l’objectif plus large d’un Sénégal débarrassé des maladies tropicales négligées. Une avancée qui doit beaucoup à la coordination entre acteurs de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique et de l’assainissement — et qui rappelle que certains combats sanitaires se gagnent sur des décennies, loin des annonces spectaculaires.
Source : Le Soleil (lesoleil.sn), 16 juillet 2026.
🌍 À Freetown, la CEDEAO à un tournant — et le Sénégal en première ligne
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), organisation régionale créée en 1975 pour favoriser l’intégration économique et, plus tard, la coopération politique et sécuritaire de ses États membres, tient ce dimanche 19 juillet à Freetown sa 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement. Le sommet a été précédé, du 12 au 17 juillet, par les réunions statutaires habituelles : Comité de l’administration et des finances, Conseil de médiation et de sécurité, Conseil des ministres.
Ce rendez-vous intervient dans un contexte particulier pour le Sénégal. Lors de la précédente session, à Abuja en décembre 2025, Dakar avait déjà obtenu la direction de la Commission de la CEDEAO pour le mandat 2026-2030, le général Birame Diop devant y succéder à Omar Alieu Touray. Si la présidence tournante de l’organisation venait également à revenir au Sénégal à l’issue du sommet de Freetown, le pays cumulerait pour la première fois la tête politique et l’organe exécutif de la CEDEAO. Ce sommet se tient par ailleurs alors que l’organisation doit composer avec le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso, regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel — une question qui pèse sur les discussions relatives à la réforme institutionnelle et au maintien des liens économiques et de la libre circulation avec ces trois pays.
Source : APAnews (apanews.net) ; NotreAfrik (notreafrik.com), 15-17 juillet 2026.
🔍 Un faux document du Tribunal arbitral du sport a circulé sur la CAN
Attention : le document dont il est question ici n’est pas authentique, et son contenu n’a jamais été confirmé par l’institution qu’il prétend représenter. Depuis le 12 juillet, un document falsifié, présenté comme émanant du Tribunal arbitral du sport (TAS), a circulé en ligne en affirmant que le Sénégal s’était vu attribuer la victoire dans le litige qui l’oppose au Maroc depuis la finale de la Coupe d’Afrique des Nations jouée le 18 janvier. En réalité, le TAS ne s’est à ce stade prononcé sur aucune décision de ce type.
Le mécanisme à l’œuvre ici est celui de l’usurpation d’identité institutionnelle : le faux document imite la forme d’un document officiel, jusqu’à lui accoler un numéro de dossier — qui ne correspond toutefois pas au numéro réellement utilisé par le TAS pour ce litige. C’est d’ailleurs cette incohérence qui a permis de mettre au jour la manipulation. Interrogée par le média marocain Hespress, la fédération marocaine a indiqué n’avoir reçu aucune notification du TAS. À ce stade, aucun organisme de fact-checking sénégalais ne s’est prononcé sur ce cas précis, mais la vérification a été effectuée par la cellule Les Observateurs de France 24. L’épisode illustre une dynamique déjà observée par le passé autour de ce dossier : la moindre rumeur favorable trouve un terrain fertile tant que le TAS n’a pas tranché.
Source : France 24 / Les Observateurs (france24.com), 13 juillet 2026.
✨ Un court métrage sénégalais sur l’exil primé au Togo
Le court métrage de fiction Gééj Amul Banxaas (« En mer, sans appui »), réalisé par Khalifa Ba et porté à l’écran par Pape Aly Diop, a remporté le Premier Prix dans la catégorie fiction court métrage à la 4e édition du Festival international du film et de la musique de Kpalimé (KIFFMU), organisée au Togo. Le film, d’une durée de 23 minutes, retrace le destin de Mamadou, un adolescent de 17 ans qui embarque dans une pirogue pour fuir la pression sociale.
Cette distinction, obtenue sur une scène cinématographique panafricaine, met en lumière un cinéma sénégalais qui continue de s’emparer, par la fiction, d’un sujet aussi grave que l’émigration irrégulière des jeunes — sans détour ni misérabilisme, à travers le regard d’un seul personnage.
Source : allAfrica.com, 14 juillet 2026.
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