Cette semaine, un accord financier majeur redessine les marges de manœuvre budgétaires de l’État, une épidémie évitable par la vaccination rappelle la fragilité de la couverture sanitaire dans certaines régions, et une initiative municipale propose de transformer l’engagement bénévole contre les inondations en activité économique durable.
🏛️ Le Sénégal et le FMI scellent un accord technique de 1 243 milliards FCFA
Le Fonds monétaire international et le Sénégal sont parvenus, le mardi 1er septembre, à un accord au niveau des services portant sur un nouveau programme d’aide d’environ 2,2 milliards de dollars, soit 1 243 milliards de francs CFA, pour la période 2026-2029. Cet accord marque la reprise d’une coopération financière interrompue en 2024, après la découverte d’irrégularités dans le rapportage des données de finances publiques sur la période 2019-2023. Sa validation définitive nécessite encore l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI, ainsi que la mise en œuvre de mesures correctives par les autorités sénégalaises. Le même jour, l’État a rendu public son Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). Le Conseil des ministres du 2 septembre a salué cette étape, intervenue trois mois jour pour jour après la formation du nouveau gouvernement.
Ce futur programme prendrait la forme d’une Facilité élargie de crédit sur trois ans, articulée autour de trois axes : le recentrage des dépenses publiques, le ciblage des subventions à l’énergie et une gestion soutenable de la dette. La représentante du FMI a souligné la résilience de l’économie sénégalaise — une croissance de 6,7% en 2025, portée par la première année complète de production pétrolière, et une inflation limitée à 1,4% — tout en rappelant que le problème central reste la soutenabilité des finances publiques. Pour les citoyens, cet accord conditionne en partie l’accès futur du pays aux marchés financiers internationaux et à des financements extérieurs à des conditions plus favorables, mais implique aussi des choix budgétaires, notamment sur les subventions énergétiques, dont les effets concrets restent à préciser.
Source : Africanews (fr.africanews.com), 1er septembre 2026 ; Agence de Presse Sénégalaise — APS (aps.sn), 2 septembre 2026
🩺 La diphtérie continue de progresser, avec 34 cas confirmés et 6 décès depuis début août
Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a fait état, dans un communiqué du 4 septembre, de 34 cas confirmés de diphtérie et de 6 décès enregistrés depuis la détection du premier cas, le 1er août, dans huit districts sanitaires répartis sur six régions du pays. La région de Kédougou concentre à elle seule 23 cas, suivie de Dakar (5 cas), Thiès (3 cas), puis Louga, Diourbel et Kaolack. La diphtérie est une maladie infectieuse évitable par la vaccination ; sa résurgence a été détectée après plusieurs décès d’enfants de moins de cinq ans au Centre hospitalier régional de Kédougou fin juillet, avant la confirmation biologique du premier cas par l’Institut Pasteur de Dakar.
Face à cette situation, les autorités sanitaires ont renforcé la prise en charge médicale, les investigations autour de chaque cas et le suivi des personnes-contacts, tout en lançant une campagne de vaccination de rattrapage destinée aux enfants non ou insuffisamment vaccinés. Le ministère appelle les parents à vérifier le statut vaccinal de leurs enfants et à consulter rapidement une structure de santé dès l’apparition de premiers signes — mal de gorge, fièvre, difficultés à avaler, gonflement du cou — en déconseillant fermement toute automédication. La progression de l’épidémie au-delà de Kédougou, vers Dakar et d’autres régions, illustre comment les déplacements de population peuvent étendre un foyer initialement localisé.
Source : Ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, communiqué du 4 septembre 2026, relayé par Seneweb (seneweb.com) et Xibaaru (xibaaru.sn)
🤝 À Saint-Louis, près de 1 000 jeunes mobilisés autour de la citoyenneté
La première édition de l’Action nationale transformatrice des Conseils villageois et associatifs de veille (CVAV) du Sénégal s’est tenue à Saint-Louis jusqu’au 2 septembre, autour du thème « Enfant, acteur de changement pour un monde d’espérance ». Près de 1 000 enfants et accompagnateurs venus de différentes régions du pays ont pris part à des activités mêlant formation civique, reboisement, sensibilisation à l’intelligence artificielle, au paludisme et au VPH, ainsi que des consultations médicales gratuites et une distribution de moustiquaires imprégnées. Selon le président national des CVAV, ce type de rencontre vise à transmettre le patriotisme, le civisme, la solidarité et le sens des responsabilités dès le plus jeune âge. Une manière de faire de l’éducation citoyenne un apprentissage concret plutôt qu’un seul discours.
Source : Le Soleil (lesoleil.sn), relayé par allAfrica (fr.allafrica.com), 29 août 2026
🌍 Tentative de coup d’État déjouée à Niamey
Dans la nuit du 28 au 29 août, des tirs d’armes lourdes et des explosions ont résonné dans la capitale nigérienne. Un groupe de soldats a mené une tentative de coup d’État, s’emparant brièvement de la base aérienne 101, avant que la tentative ne soit déjouée. Le Niger est dirigé par une junte militaire depuis le coup d’État de juillet 2023 contre le président Mohamed Bazoum, et le pays a depuis quitté la CEDEAO aux côtés du Mali et du Burkina Faso pour rejoindre l’Alliance des États du Sahel. Cet épisode rappelle une limite concrète du rôle de la CEDEAO sur le continent : l’organisation, qui accompagne activement d’autres transitions politiques dans la région (comme en Guinée-Bissau), ne dispose plus d’aucun levier institutionnel direct sur des pays qui s’en sont retirés, même lorsque leur stabilité interne reste fragile.
Source : Les Unes de la presse quotidienne, Impact.sn (impact.sn), 1er et 3 septembre 2026
✨ Des comités bénévoles vers des entreprises sociales : la mue des COLIGEP contre les inondations
L’Agence de développement municipal a officiellement lancé, le 1er septembre, un processus de transformation des Comités locaux de gestion des eaux pluviales (COLIGEP). Jusqu’ici fondées sur le seul engagement bénévole, douze de ces structures de l’agglomération dakaroise doivent évoluer vers un statut d’entreprises sociales et solidaires, juridiquement reconnues, chargées d’assurer durablement l’entretien des ouvrages de drainage. Selon le maire d’une des communes concernées, le statut associatif actuel des COLIGEP limitait l’accès à des équipements de travail et freinait les partenariats. L’idée, saluée par plusieurs élus, est de faire reposer la lutte contre les inondations non plus sur la seule bonne volonté citoyenne, mais sur une activité économique viable et créatrice d’emplois locaux — une réponse structurelle à un problème que chaque hivernage rend un peu plus visible.
Source : Seneweb (seneweb.com) et Le Quotidien, relayé par SenePlus (seneplus.com), 1-2 septembre 2026
