[149]. Du métier de psychologue au Sénégal – part 1

Evoquer le travail d’un psychologue au Sénégal et en France ne renvoie pas aux mêmes réalités. La psychologie est étymologiquement l’étude du comportement humain. Aussi la dimension soignante n’est pas la priorité dans notre profession et n’est réservé qu’aux seuls psychologues cliniciens dont la spécialité est la psychopathologie. Toutefois dans le contexte sénégalais il arrive que des psychologues d’autres spécialités essayent de traiter les souffrances psychiques de personnes qui les sollicitent.

En principe lorsqu’ils sont en difficultés et/ou qu’ils se savent incompétents à prendre en charge certaines pathologies ou certaines problématiques, ils en réfèrent aux collègues psychopathologues et dans certains cas les leur adressent.

Dans ce double article, j’expose les différentes spécialités afin de mieux vous orienter vers le professionnel qui saura le mieux donner suite à vos besoins. Dans diverses sociétés à travers le monde, le psychologue est un professionnel assez incontournable. Les contextes que je maitrise le mieux sont le Sénégal et la France aussi je prendrais appui sur ce qui se fait dans ses deux pays pour ce double article.

Nous évoquons dans cette première partie les différentes spécialités et les interventions auxquelles vous pourrez prétendre. Voyons d’abord la psychologie ce que recouvre la profession de psychologue dans les deux pays que j’ai évoqué.

La profession de psychologue

En France, le psychologue est connu et reconnu dans son métier. C’est une profession réglementée qui répond aux conditions fixées par les lois notamment l’article 44 de la loi n°85-772 du 25 juillet 1985 et le décret n°90-255 du 22 mars 1990 fixant la liste des diplômes permettant de faire usage professionnel du titre de psychologue.

Au Sénégal, on m’a récemment fait savoir qu’il existait un classement des docteurs en psychologie dans la catégorie A1 de la fonction publique au même titre que les docteurs en médecine et en pharmacie. C’est le décret n°20121312 MFPTRI/DGFP/DELC/DEL du 16 novembre 2012 modifiant et complétant le décret n°77887 du 12 octobre 1977. Toutefois, il n’y a pas encore de décret clair qui définisse la profession, le niveau de formation requis et qui protège le titre de psychologue en même temps que les patients.

On peut donc dire qu’au Sénégal, la profession n’est pas encore vraiment définie, connue et reconnue parce que tous les psychologues présents à Dakar n’ont pas de doctorat. Par ailleurs, en Europe, où la majorité a fait ses études, le titre de psychologue s’obtient avec un niveau Master 2 professionnel (plus ou moins long à obtenir en fonction des universités).

De plus, malgré une très forte hausse sur les dix dernières années, le nombre de psychologues reste très bas au Sénégal : toutes spécialités existantes et confondues à Dakar, nous ne sommes qu’une petite dizaine dont les diplômes sont vérifiables. Toutefois, il en existe au Sénégal et il est important que vous sachiez à quoi vous en tenir quant à ses domaines de compétences et ses diverses spécialités.

Le psychologue exerce donc dans plusieurs cadres. En effet, vous avez des spécialités différentes en psychologie : la psychologie cognitive, la psychologie sociale (avec des sous spécialités comme la psycho-sociologie des organisations, la psychologie interculturelle, la psychologie sociale de la santé à ne pas confondre avec la psychologie clinique que je vais surtout expliquer dans cet article, la psychologie du travail, la psychologie du développement, la psychologie scolaire, la neuropsychologie.

Compte tenu de ces différentes spécialités, il est donc bien évident que le psychologue en fonction de sa spécialité, des fonctions auxquelles il est recruté, de sa sensibilité, des contextes dans lesquels il évolue et du niveau de disponibilité des autres spécialités dans le pays où il exerce, va se retrouver à intervenir dans différents secteurs : hôpitaux, en cabinet de secteur privé, lieux de travail ou médecine du travail, médecine préventive, école, administration pénitentiaire ou territoriale, universités, tribunaux.

Comment retrouver son « psy » ?

Le terme « psy » recouvre un certain nombre de professions qui semblent de prime abord similaires alors même qu’elles ne le sont pas vraiment. Ce terme entretient parfois aussi des confusions qui sont soient dommageables au patient, soit difficiles à élucider pour un néophyte qui sollicite de l’aide. Aussi, il me semble important de faire la distinction entre un psychiatre, un psychologue, un psychothérapeute (ou un thérapeute) et un psychanalyste.

Le psychiatre

Il est médecin. Pour cela, il a fait une formation de médecine générale comme tous ses confrères médecins de 7 ans et s’est spécialisé, ensuite, en psychiatrie. Au bout de 4 à 5 ans de spécialisation, il obtient un diplôme d’études spécialisées en psychiatrie, auquel il peut ajouter d’autres spécialités comme la pédopsychiatrie, des diplômes universitaires de psychotraumatisme ou d’addictologie par exemple. Cela lui confère donc des compétences spécifiques à certains domaines d’études et de soin en psychiatrie. Disons qu’il pousse davantage sa spécialisation.

Dans son travail au quotidien, il évalue l’état d’un patient au cours d’entretiens cliniques pendant lesquels il pose un diagnostic de maladie mentale. De plus en plus, il est aussi sollicité pour les troubles du comportement que l’on tend, de manière assez générale, dans le monde, à médicaliser.

Pour préciser son diagnostic, il peut aussi solliciter l’avis d’un spécialiste tel qu’un médecin d’une autre spécialité : un neurologue par exemple, ou le psychologue pour avis ou tout autre professionnel ou auxiliaire de la santé tel qu’un laboratoire d’analyses médicales, à partir d’une ordonnance qu’il aura lui-même rédigé. Il peut ordonner des soins complémentaires à sa prise en charge auprès d’auxiliaires de santé tels qu’un psychomotricien ou un orthophoniste et demander à un psychologue d’assurer la psychothérapie. Toutefois, en aucun cas, il ne peut vous ordonner des soins chez le psychologue car ce dernier n’est pas un auxiliaire de santé, donc pas sous hiérarchie médicale.

Le psychiatre a encore des responsabilités légales et médico-légales. C’est-à-dire qu’en dehors d’une hospitalisation libre, à la demande d’un patient, il peut demander une hospitalisation pour le bénéfice d’un patient. Pour cela, il doit connaître et respecter un certain nombre de lois qui encadrent les hospitalisations non consenties par un patient ou par la famille d’un patient. De plus, il peut être entendu par un juge dans le cadre d’expertises judiciaires en sa qualité de spécialiste de la santé mentale et aider l’autorité judiciaire dans l’évaluation de la santé mentale d’un prévenu et l’implication de son état mental dans la commission d’une infraction.

Le psychiatre peut aussi être chef de service et dans ce cas, il occupe des responsabilités légales et administratives. Il dirige un service et manage une équipe de soignants (autres médecins du service, infirmiers, aides-soignants, agents d’entretien hospitalier). Il rend compte de son travail et de celui de son service dans les commissions médicales hospitalières et auprès du directeur de l’hôpital dans lequel il exerce. On dit dans ce cas-là qu’il a des obligations institutionnelles.

Celles-ci occupent beaucoup de son temps et pèsent parfois sur sa pratique clinique. Heureusement, il est généralement secondé par un autre psychiatre et/ou par ses internes pour lesquels il valide ou invalide les diagnostics. Il a donc aussi des obligations de formations universitaires, comme tous les autres médecins, puisque cela est inscrit dans leur Serment d’Hippocrate.

Le psychologue

Il n’est pas médecin et ne prescrit pas de traitements médicamenteux. Il a cependant une responsabilité civile, pénale et professionnelle comme inscrit dans le code de déontologie européen. A ce titre, il peut être poursuivi s’il commet une faute professionnelle, s’il se sert de son statut pour commettre des délits ou des crimes ou pour ne pas en empêcher la commission s’il en est informé.

Il a, de plus, l’obligation de veiller au respect de la dignité humaine et des droits fondamentaux de l’être humain inscrits dans les lois, traités et conventions internationales. Le psychologue est responsable de son exercice professionnel et de ce fait est hors hiérarchie médicale. Comme signalé dans les décrets plus haut, il est au même niveau hiérarchique qu’un médecin.

Au Sénégal, ce métier n’existe pas vraiment (hormis le décret précité) dans les textes officiels et la formation non plus, même s’il y a de très récentes avancées dans ce sens. En France, la profession de psychologue est réglementée et le décret d’application impose une formation universitaire de 5 ans minimum équivalents à un Master 2 professionnel. A cela se rajoute 400 heures de formation en psychopathologie et un stage de 5 mois minimum pour avoir le titre de psychothérapeute.

Selon les universités, les cursus sont plus ou moins plus longs que ce que prévoit la loi. J’ai obtenu mon Master 2, à Lyon II, en 8 ans. Là-bas, la tradition voulait que l’on passe le master 1 en deux à trois ans pour nous laisser le temps de beaucoup travailler la pratique clinique. Ce laps de temps m’a aussi servi à faire mes deux diplômes universitaires en criminologie clinique et pathologies psychiatriques à l’UFR médecine de l’Université Lyon I.

En principe, dans les universités françaises, le psychologue clinicien obtient aussi de fait le titre de psychothérapeute puisque sa formation tourne autour de la psychopathologie, de ses outils et méthodes pour les prises en charge. Le volume de stage et leurs durées cumulées dépassent amplement ce qui est requis dans le décret. Il peut se spécialiser dans diverses branches (psychologie sociale, psychologie cognitive, psychologie clinique etc…) et propose des prises en charge correspondant à sa spécialité et à ses sous-spécialités.

A côté de cela, il peut se spécialiser dans d’autres champs tels que la médecine somatique avec des diplômes universitaires de soins palliatifs, d’oncologie pédiatrique ou en médecine psychiatrique avec un diplôme universitaire de pathologies psychiatriques, ou dans d’autres outils et méthodes que ceux qu’il a appris à l’université tels que les thérapies cognitivo-comportementalistes, l’EMDR, l’Hypnose Eriksonienne, etc. D’où l’intérêt de bien connaître les spécialités du psychologue pour vous aider à mieux le choisir en fonction de ce dont vous avez besoin.

Toutefois, il faut savoir que le psychologue clinicien certifié est le seul habilité à faire des suivis psychologiques, des entretiens psychologiques, des évaluations psychologiques, des psychothérapies d’orientations analytiques ou des thérapies à médiation, des groupes de parole et des groupes thérapeutiques. Il est le seul à pouvoir donner des avis psychologiques sur les patients qu’il a reçu et à signer ses comptes rendus de prises en charge ou ses avis. Il en prend seul la responsabilité.

Il est le seul à décider de ses outils et techniques à mettre en œuvre pour la prise en charge d’un patient. Il en est responsable et doit savoir les justifier et à son patient et à tout professionnel qui le lui demanderait. Il travaille souvent dans le cadre du secret partagé avec les collègues professionnels médecins et autres soignants avec lesquels il assure une prise en charge conjointe.

Il rédige à l’issue de son évaluation ou de sa prise en charge un compte rendu à la demande des collègues en ménageant la confidentialité que requiert son travail mais en donnant suffisamment d’informations aux autres professionnels pour que les prises en charge soient suffisamment coordonnées et adaptées au patient. Toutefois, il peut communiquer sur son travail en maintenant l’anonymat des personnes reçues.

En ce qui me concerne, lorsque je parle de cas clinique, je fais en sorte de mettre le moins d’informations qui permettent de reconnaître le patient ou alors j’associe deux ou plusieurs cas ensemble. Dans son travail institutionnel, il veille à désamorcer d’éventuels conflits dans les équipes autour de la prise en charge d’un patient ou alors d’éventuels conflits entre un patient et un autre soignant. Il travaille à l’analyse des pratiques des professionnels.

Il peut aussi être engagé dans la formation de divers autres professionnels de santé comme les infirmiers, ergothérapeutes ou des professionnels du champ social comme les éducateurs spécialisés, les maitresses de maison, des professionnels d’ONG dans le cadre de formations continues etc. Il participe, à condition d’avoir une bonne et ancienne pratique clinique, ou d’être un universitaire au moins en doctorat, à la formation des futurs psychologues.

Enfin, il peut tout comme le psychiatre et pour sensiblement les mêmes raisons être entendu par un magistrat dans des affaires dans lesquelles son avis est requis, à condition bien sûr qu’il en ait la qualification. En France, cela est facilité par l’obtention d’un Diplôme universitaire de criminologie ou de victimologie ou d’expertises judiciaires).

Le psychanalyste

C’est souvent celui qui fait référence dans l’imaginaire lorsque l’on parle de « psy », tant le divan freudien a été rendu célèbre. Il peut avoir n’importe quelle formation à l’origine mais avoir été accepté dans une école de formation en psychanalyse. Il doit en avoir suivi le processus de formation qui a priori est variable selon l’avancement de sa propre analyse et sa régularité aux activités scientifiques de son école ainsi qu’à la validation de ses différentes étapes par ses pairs.

Il existe plusieurs écoles de psychanalyse dont les plus connues en France sont l’école freudienne de psychanalyse, l’école lacanienne et le quatrième groupe. Ce qui diffère globalement, ce sont des nuances parfois des fossés énormes, dans l’interprétation de différents concepts psychanalytiques mais aussi les dispositifs. Même si globalement le fond du dispositif reste le même (suspendre son activité motrice, s’allonger sur le divan et dire ce qui nous passe par la tête librement), il y a des nuances qui peuvent s’avérer sensibles.

Par exemple, dans l’école freudienne on choisit de proposer à chaque patient en moyenne un temps de séance de 45 minutes à une heure pour les adultes et de 30 minutes pour les enfants, plusieurs fois par semaine. Or chez les lacaniens, le temps de la séance peut être variable, de 20 mn à 30 mn, voir un peu plus. La séance s’arrête sur un temps de suspension qui est considéré comme le temps du sujet et de l’irrégularité de ses manifestations inconscientes.

C’est tout de même sur ce point qu’une scission a existé dans l’école lacanienne et qui a permis la naissance du Quatrième groupe cité plus haut. Une autre différence majeure actuellement est que le freudien travaille plus sur des aspects processuels des manifestations inconscientes alors que le lacanien et l’analyste référencé au quatrième groupe s’intéressent aux aspects plus structurels des mêmes manifestations inconscientes.

Le psychanalyste n’est donc pas psychiatre ou psychologue, à la base et ne peut donc pas utiliser les mêmes prérogatives que ces derniers. Mais le psychiatre et le psychologue peuvent être psychanalystes s’ils ont en plus de leur cursus universitaire fait le parcours de formation d’une école de psychanalyse. A ma connaissance il n’y a, à Dakar, qu’une psychologue clinicienne qui est aussi psychanalyste membre de l’école lacanienne de psychanalyse.

Pour autant, il y a encore des variations très utiles à connaître pour choisir son psy. En effet, la psychanalyse en tant que discipline scientifique est à la base de beaucoup de nos tableaux cliniques, voire est souvent sous-jacente à certaines de nos interprétations cliniques. Toutefois, il y a des psychologues qui sont plus imprégnés que d’autres par la psychanalyse. Cela dépend, en France, de l’université dans laquelle vous avez étudié.

Il y a deux grands bastions en France de la psychanalyse c’est Paris, évidemment, et Lyon. Mais avec une particularité pour cette dernière car à Lyon, on parle depuis quelques années de l’école lyonnaise de psychanalyse emmenée par René Roussillon et la plupart des professeurs de psychologie de l’Université Lyon 2. Cela s’est fait sous l’impulsion des recherches psychanalytiques menées au sein du laboratoire de recherche du CRPOPC de Lyon 2 et des grands noms qui y sont associés.

Cette orientation de la recherche est liée pour une large part à l’organisation historique de l’enseignement de la psychologie clinique, à l’université, qui a toujours été faite, jusqu’en 2016, par des enseignants chercheurs psychologues cliniciens exclusivement psychanalystes et majoritairement freudiens. C’est pourquoi ma formation de psychologue est très largement d’orientation psychanalytique.

Le thérapeute

Au Sénégal, le métier de thérapeute n’est pas encadré ; celui de psychothérapeute encore moins. Ce qui laisse libre cours à beaucoup de choses. En France, il n’y a plus de thérapeutes auto-proclamés depuis la loi 2004-806 du 9 aout 2004 relative à la politique de santé publique française. Il y a des psychothérapeutes et la loi fixe les conditions d’utilisation du titre de psychothérapeute et leur impose d’être inscrits au registre national des psychothérapeutes.

L’association européenne de psychothérapie fixe les conditions de la délivrance du certificat de psychothérapie. Les candidats au certificat doivent avoir suivi une psychothérapie personnelle, une formation spécifique en psychopathologie clinique et en psychothérapie, dans un établissement agréé pour cette formation. Ils doivent de plus être en supervision, avoir signé le code de déontologie, et être officiellement déclarés depuis plus de 5 ans (libéral ou salarié).

En principe, même certifié, il n’a absolument pas le droit d’utiliser les outils et méthodes du psychologue et ses prérogatives légales.

Dans ce second article, nous revenons plus amplement sur nos méthodes de travail, nos tarifs ainsi que la catégorie de patients que nous recevons.

Khaira Thiam

4 COMMENTAIRES

  • Où est ce qu’on peut aller pour consulter un psy au Sénégal ?

    • Salut,
      tu peux appeler au Kspy Consulting au 78 124 40 99

    • cé partou?

  • POUR UNE AUTRE APPROCHE DE LA PSYCHOLOGIE !!! A notre humble avis, les inerties dans la compréhension des troubles mentaux ne sont liées qu’à nos limites dans la connaissance du psychisme humain par notre médecine moderne laïque, hélas encore trop matérialiste. Oui, nous persistons à croire que c’est prétentieux de vouloir appréhender un phénomène aussi complexe, voire irrationnel, que le psychisme, en dehors de la religion. C’est ainsi que les théories avancées par les psychologues et psychiatres sont particulièrement difficiles à appréhender et donc peu convaincantes. Par contre, la perspective religieuse est très explicite ; oui, toutes les religions monothéistes (Islam, Christianisme et Judaïsme) préconisent une répression des pulsions libidinales ‘’anormales’’, c’est-à-dire illicites, qui sont le fait de l’’’âme’’ (nafs) et (ou) du démon (Satan). Ainsi, pour un religieux, il ne peut pas y avoir de prévention efficace ou de traitement cohérent d’une psychopathie (déviance sexuelle, addiction. etc.) en dehors d’une assistance spirituelle ; ce qui passe essentiellement par ‘’la prière qui prémunit contre la turpitude et les actions blâmables’’ (29. L’Araignée : 45 – Al-Ankabût). Et la Bible ne dit pas autre chose : (40) [Propos de Jésus :] ‘’… Priez, afin de ne pas tomber dans la tentation. …’’ (Luc 22 : 40 …)
    En effet, dans la perspective religieuse, Dieu a créé l’homme dans sa forme la plus parfaite (sainteté), puis l’a rabaissé à son plus bas niveau (âme animale) avec toutes les tares possibles et imaginables ; ceci en fait un être instable mentalement, pressé, insouciant, passionné, avide de plaisirs ; ainsi, cet être handicapé qui s’ignore et qui est sur une trajectoire d’autodestruction n’a de salut que dans la foi en Dieu et dans l’accomplissement des bonnes œuvres, pour retrouver étape par étape sa perfection initiale, son état angélique (sainteté), au prix d’une lutte âpre contre sa propre nature (95. Le Figuier : 4-6.). Et donc, à l’évidence, toute volonté de se libérer des contraintes morales et sociales pour assouvir ses passions et désirs, sans restrictions, devient une porte ouverte à toutes sortes de perversions – Une véritable autodestruction !
    Ainsi, les pédophiles et les homosexuels qui sont restés au plus bas de l’échelon spirituel (âme animale = ‘’âme qui ordonne le mal’’ « nafsoun ammârati bi soû’i ») ne suivent que leurs pulsions et ne regrettent pratiquement jamais leurs mauvaises actions ; ils n’ont plus de pudeur ni de conscience ; ils échappent ainsi totalement à la répression de leur « Surmoi » ; ce qui en fait des individus potentiellement dangereux, car passant à l’acte très facilement. Telle est le profil psychologique des pédophiles, des homosexuels et autres pervers. Et donc, il ne peut pas y’avoir de réhabilitation de ces psychopathes en dehors d’une assistance spirituelle.
    Au demeurant, l’efficacité de la prise en charge va surtout dépendre du niveau spirituel (nafs) du ´´patient’´ ; s’il a atteint ‘’l’âme qui blâme’’ (nafsoun lawâma), il regrette toujours son acte, se culpabilise et il y a de très fortes chances pour qu’il ne récidive pas ; d’une manière générale, la réhabilitation est facile – Tel est le profil de la prise en charge de la plupart des croyants. Par contre, l’immense majorité des non-croyants (agnostiques) sont dans l’échelon spirituel le plus bas [nafsoun ammârati bi soû’i (‘’âme qui n’ordonne que le mal’’)] et donc potentiellement des fornicateurs, des pédophiles, des incestueux et (ou) des homosexuels, car une turpitude appelle toujours une autre – l’association avec un tabagisme, un alcoolisme ou une toxicomanie découle de cette logique ; ainsi, leur prise en charge est très aléatoire, en dehors d’une conversion.
    Docteur Mouhamadou Bamba Ndiaye, Ancien Interne des Hôpitaux de Dakar (Pédiatre)

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