24 janvier 2026

[316]. L’ économiste du développement est l’architecte des politiques économiques durables

 [316]. L’ économiste du développement est l’architecte des politiques économiques durables

Sénégalaise de 54 ans spécialisée en Gestion d’Entreprise et en Economie, Madame Madina TOURE reste engagée dans la lutte pour le développement du Sénégal. Ayant débuté sa carrière professionnelle au Sénégal en 2002, son expérience lui permet de mieux répondre aux défis et besoins de l’Etat, des entreprises et des organismes d’appui au secteur privé.

Elle nous présente son métier

Quel est votre métier Mme Madina TOURE ?

Je suis spécialiste en Economie du Développement.

Comment faire comprendre l’essentiel de ce métier à un enfant ?

L’économiste du développement étudie le niveau de satisfaction des besoins de la population, identifie les problèmes et trouve des solutions en coordonnant le travail des gens qui doivent régler les problèmes de santé, d’éducation, d’alimentation, de fabrication de biens et services, de financement des projets….

Quel parcours académique et/ou professionnel faut-il suivre pour pouvoir exercer ce métier ?

Au Sénégal, la formation n’est pas dispensée de façon structurée comme dans les DESS Développement. La matière apparait en filigrane vu que le Sénégal est dans un contexte de développement moins avancé sur les conditions de vie des populations et les perspectives de bien-être général.

J’ai pour ma part étudié pendant quatre (4) ans à la faculté de sciences économiques et sociales de l’Université Pierre Mendès France de Grenoble, avec une spécialisation en développement à la 5e année.

Il est fortement recommandé d’avoir un Bac en économie et gestion, d’aimer lire et écrire. L’on peut aussi compléter son cursus en suivant des formations continues surtout sur l’Intelligence économique, ou encore sur les partenariats publics privés.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans l’exercice de ce métier ?

J’aime créer des cadres de concertation, orienter vers des solutions et favoriser leur adoption ; ensuite faire le suivi de la mise œuvre ; évaluer les résultats et proposer des correctifs si nécessaire pour que les objectifs fixés au départ soient atteints. 

Partagez-nous une anecdote qui illustre assez bien la réalité de votre métier ?

Ma participation, à la création du cadre de partenariat Douane -Entreprise, sanctionnée par la distinction de l’Organisation Mondiale des Douanes, a créé un lien moral avec Les Douanes sénégalaises ; notre travail a donné naissance à la Direction du Partenariat avec l’Entreprise, un cadre de concertation au sein duquel les difficultés opérationnelles de part et d’autre sont discutées sur des bases légales et évite au maximum les incompréhensions et les contentieux qui s’éternisent : les affaires se déroulent dans un climat de saine collaboration entre les représentants de l’Etat en matière douanière et les représentants des entreprises.

Est-ce le métier dont vous rêvez étant enfant ou est-ce bien plus tard que vous l’avez embrassé ?

Etant enfant déjà j’avais conscience qu’il fallait avoir de l’argent pour vivre correctement, étudier, se soigner, être indépendant et être heureux; donc très tôt j’ai choisi d’étudier le système économique pour trouver des solutions aux besoins exprimés par les personnes afin de les rendre heureuses. J’avoue que ce n’est pas du tout aussi simple que dit.

Le revirement suite à la prise de conscience du statut mondial de mon pays est un moment crucial de mon projet professionnel.  J’étais plutôt attirée par la finance internationale, les marchés financiers et boursiers ; un court séjour au Sénégal juste avant de valider mon choix de spécialisation m’a fait changer d’option : Economie du Développement plutôt que Hautes Finances ; j’ai instinctivement choisi de prendre parti pour les plus faibles du système financier mondial pour justement leur apporter les connaissances des plus forts mais surtout, leur apporter la lecture idéologique de la démarche des majors du système libéral financier qui n’est pas toujours dans le sens des intérêts des pays en construction comme le Sénégal. Ça fait de vous un professionnel marginalisé, mais indépendante avec une liberté de ton qui est votre identité professionnelle.

Au début des années 2000, débutant au Sénégal j’étais une jeune dame bien frêle, au milieu de grands Messieurs, pleine d’assurance et de conviction pour mon pays, j’ai dû me battre pour garder cette ligne au détriment de postes et offres mirobolants. Je suis fière d’avoir tenu bon !

Quel est le métier que vous souhaitez que l’on vous présente ?

Architecte.

La rédaction

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