[317]. Forum public en ligne : retour sur une année de dialogues citoyens
Bonjour à tous les citoyens engagés ! Alors que la saison 4 du Divan Citoyen s’est achevée en juillet 2025, nous prenons un moment pour revenir sur cette année riche en débats, en réflexions et en actions collectives.
Animée par notre compte @DivanCitoyen sur X, avec près de 20 000 abonnés, cette saison a amplifié les voix multiples sur des enjeux cruciaux pour les Sénégalais, tout en intégrant des perspectives régionales et internationales. De l’innovation technologique à la santé publique, en passant par la justice, l’éducation et les défis numériques, cette saison a été marquée par une diversité thématique ancrée dans le quotidien
À travers des sessions live via X Spaces, des forums publics et des partenariats dynamiques, nous avons créé un espace de dialogue ouvert et inclusif. Nous vous proposons quelques éléments qui retracent les moments forts et les chapitres clés. Rendez-vous en septembre 2025 pour la saison 5 – restez connectés !
Le fil rouge de la Saison 4 : De l’innovation à l’action collective
La saison 4 s’est distinguée par sa densité et sa diversité, donnant la parole à des voix multiples sur des enjeux qui touchent au quotidien des Sénégalais tout en ouvrant des perspectives régionales et internationales. Elle a débuté sur une note ambitieuse avec le lancement de GAÏNDESAT, le premier satellite sénégalais, qui s’intègre aujourd’hui dans un ambitieux programme dénommé le New Deal technologique. Des rappels ludiques, comme l’invitation à « lever la tête et sourire » pour les passages du satellite, ont ajouté une touche citoyenne engageante à ces discussions.
Ce moment d’enthousiasme, célébré lors d’une session spéciale avec les ingénieurs sénégalais le 1er septembre 2024, a permis d’interroger la place de l’innovation dans le développement national, entre souveraineté numérique, formation des jeunes aux métiers digitaux et opportunités offertes par les services financiers numériques. L’actualité a confirmé cet élan avec la levée de fonds de Socium, symbole d’un secteur fintech en pleine expansion, même si les débats ont aussi rappelé les enjeux de régulation et de sécurité.
Au-delà de la technologie, la saison a été marquée par des débats intenses sur la justice et la sécurité. La grève des greffiers, explorée lors d’un forum dédié le 27 juillet 2025, a révélé les fragilités du système judiciaire – motivations, blocages dans les négociations et solutions potentielles – et ses conséquences directes pour les justiciables. Le Divan a également porté la réflexion sur l’immatriculation des deux-roues, une mesure simple mais essentielle pour améliorer la sécurité urbaine.
Dans un registre plus sensible, le projet de registre national des délinquants sexuels a suscité des discussions passionnées autour de l’équilibre entre protection des victimes et respect des droits fondamentaux, comme lors de la session du 12 janvier 2025 qui a suivi une exploration des réponses communautaires aux violences sexuelles. Ces échanges ont été prolongés par des émissions marquantes où associations et citoyens ont témoigné d’initiatives concrètes et résilientes pour lutter contre ce fléau, soulignant la vitalité des actions locales.
La santé publique, un pilier central
Dans le cadre de cette saison 4, la santé publique a été un pilier central, avec des sessions dédiées qui ont mis en lumière des enjeux souvent sous-estimés. Ces épisodes ont non seulement sensibilisé le public mais aussi mobilisé des acteurs clés pour des actions concrètes.
En septembre 2024 déjà, une session sur la prévention du cancer, en partenariat avec la Ligue Sénégalaise Contre le Cancer, a servi de rampe de lancement pour la campagne #OctobreRose, dédiée à la lutte contre le cancer du sein. Les débats ont insisté sur l’importance du dépistage précoce, accessible gratuitement via les initiatives de la LISCA à travers le Sénégal. Les échanges ont révélé des défis structurels comme le manque de ressources financières pour les patients en ce qui concerne la prise en charge des traitements et des campagnes de sensibilisation.
Un appel notable a été lancé pour un téléthon en collaboration avec la télévision publique afin de lever des fonds pour soutenir les malades. Cette session a ouvert des pistes d’action notamment le renforcement des partenariats publics-privés pour des campagnes annuelles et l’intégration de l’éducation à la santé dans les programmes scolaires. En reliant cela à des enjeux plus larges comme l’anémie chez les femmes (un facteur de risque pour certains cancers), le Divan a positionné la LISCA comme un acteur incontournable de la prévention sanitaire au Sénégal.
En mai 2025, un forum dédié aux « enfants à besoins spécifiques » a été animé avec les responsables de l’association Enfants Soleil, une organisation engagée dans l’inclusion éducative et sociale des enfants vulnérables, y compris ceux atteints de handicaps ou de troubles du développement. Cette session a exploré les bonnes pratiques pour une inclusion réussie, soulignant les défis comme le manque d’infrastructures adaptées et les préjugés sociétaux.
Les discussions ont mis en avant des initiatives concrètes notamment des programmes d’accompagnement personnalisé, la formation pour les parents et l’intégration scolaire inclusive. Enfants Soleil a émergé comme un levier pour l’éducation inclusive, reliant ces enjeux à la jeunesse et à la formation professionnelle. Les propositions incluent : des politiques publiques pour des centres spécialisés et des campagnes de sensibilisation pour déstigmatiser les besoins spécifiques, alignées avec les objectifs de développement durable au Sénégal.
Un peu plus tôt, en avril 2025, le forum « Les reins de nos enfants vont-ils bien ? » a abordé la problématique de la maladie rénale chronique chez l’enfant au Sénégal, avec l’expertise du Pr Younoussa KEITA. Cette session a tiré la sonnette d’alarme sur un problème souvent ignoré notamment une prévalence croissante due à des facteurs comme la malnutrition, les infections et le manque d’accès aux soins spécialisés. Les débats ont couvert la prise en charge : diagnostic précoce, traitements (dialyse, greffes) et prévention via une alimentation saine et des dépistages réguliers.
Des pistes d’action ont émergé : campagnes nationales de sensibilisation, partenariats avec des associations pour des fonds d’aide et intégration de la néphrologie pédiatrique dans la formation médicale. Cette session a renforcé le rôle du Divan comme alerteur sur les maladies « silencieuses », encourageant les citoyens à soutenir des initiatives locales.
Ces sessions ne sont pas isolées : la LISCA relie la prévention du cancer à la santé globale des femmes et enfants ; Enfants Soleil aborde l’inclusion, y compris pour les enfants atteints de maladies chroniques comme les troubles rénaux ; et la santé rénale met en lumière des vulnérabilités partagées. La question des produits prescrits sur les réseaux sociaux a révélé un autre enjeu sanitaire, entre dérives commerciales et risques pour la santé publique, appelant à une régulation plus ferme et à une meilleure information des citoyens. Ensemble, elles ont cumulé des milliers de vues et des interactions actives sur X, favorisant un dialogue citoyen qui va au-delà de la réflexion pour inspirer des actions collectives.
Synergie contre la désinformation
Dans le cadre de la saison 4, les collaborations avec Ouestaf News, un média ouest-africain spécialisé dans l’actualité régionale et la vérification des faits, ont été particulièrement fructueuses pour aborder la désinformation. Ces sessions ont exploré divers aspects de ce fléau numérique, en lien avec des thèmes comme les influenceurs, la santé, l’intelligence artificielle (IA), la sécurité nationale et les crises régionales. Le partenariat a débuté dès novembre 2024, les thèmes ont évolué pour couvrir des enjeux actuels, comme la propagation de fausses nouvelles pendant les crises politiques ou sanitaires, et ont insisté sur des solutions comme l’éducation numérique et la régulation des plateformes.
La session sur la responsabilité des influenceurs en matière de désinformation tenue en novembre 2024 a réflété un vif intérêt pour le rôle ambivalent des influenceurs. Les débats, animés par des journalistes d’Ouestaf et des experts en communication, ont exploré la manière dont les influenceurs peuvent amplifier la désinformation notamment via des promotions de produits douteux ou des rumeurs politiques, tout en étant des vecteurs d’engagement positif dans les campagnes de santé publique. Des cas concrets sénégalais ont été évoqués, tels que la diffusion de fausses infos sur les réseaux lors des élections législatives.
Les participants ont plaidé pour un cadre éthique, incluant la transparence des partenariats et la formation à la vérification des faits. Une proposition clé autour de la création d’un « label citoyen » pour les influenceurs responsables, a suscité des dizaines de commentaires post-session sur X. Cette émission a directement inspiré le chapitre 2 du narratif de la saison, en reliant influence et désinformation comme menaces à la cohésion sociale.
En décembre 2024, une session sur la sécurité nationale et la désinformation en période de crise s’est concentrée sur les risques de manipulation informationnelle lors de transitions politiques au Sénégal et en Afrique de l’Ouest comme au Mali ou au Burkina Faso. Les intervenants, incluant des analystes sécuritaires et des fact-checkers d’Ouestaf News, ont analysé la manière dont les fausses nouvelles peuvent attiser les tensions, en citant des exemples régionaux comme les rumeurs sur les coups d’État.
Les échanges ont souligné l’importance d’une « task force citoyenne » pour monitorer les contenus en ligne, et ont appelé à une collaboration entre médias, autorités et plateformes comme X pour signaler les contenus trompeurs. Cette session a généré des discussions prolongées sur X, avec des citoyens partageant des expériences personnelles de désinformation pendant des crises locales.
En mars 2025, nous avons exploré les formes courantes de désinformation, des arnaques en ligne aux manipulations politiques. Le live a permis des témoignages citoyens sur les impacts quotidiens, comme les fausses infos sur les services publics. Les propositions incluaient des campagnes d’éducation numérique dans les écoles et une régulation accrue des groupes WhatsApp, souvent vecteurs de rumeurs
Dans la même période, une session sur la « Désinformation et l’IA » dans des pays comme le Sénégal, le Mali, le Niger et le Burkina Faso a examiné la manière dont l’IA génère des deepfakes et amplifie les fausses nouvelles, avec des exemples régionaux. Ouestaf News a apporté son expertise en fact-checking, plaidant pour des outils d’IA éthiques et des formations pour les journalistes. L’engagement a été notable, avec des reposts invitant à une vigilance accrue face à ces technologies émergentes.
Les pandémies n’échappent pas à la désinformation notamment avec des rumeurs sur les vaccins et les remèdes miracles, en lien avec des crises comme le COVID-19. Les participants ont proposé des partenariats avec des associations comme la LISCA pour contrer les fausses infos médicales, renforçant l’appel à une information fiable. Il en a été de même avec les discussions autour des plateformes comme WhatsApp. Cette session a offert aux intervenants l’opportunité d’explorer les chaînes de diffusion rapide de fausses nouvelles, proposant des guidelines pour les utilisateurs et une régulation des messageries.
Avec des milliers de vues et des interactions actives, ces sessions ont crée un véritable écosystème de protection contre la désinformation. Elles se connectent aux chapitres 2 et 3 du narratif, en reliant influenceurs, consommateurs et santé. Ouestaf News a émergé comme un partenaire clé pour le fact-checking régional, inspirant des actions comme des labels éthiques et des task forces citoyennes.
Construire une société plus résiliente : la jeunesse au premier plan
La jeunesse et l’éducation sont restées au cœur des préoccupations. Les débats ont analysé la formation professionnelle et l’insertion comme leviers incontournables pour offrir des perspectives à une jeunesse nombreuse et pleine de potentiel, mais trop souvent confrontée au chômage et à l’informalité. La saison s’est conclue par un open mic étudiant en juillet 2025, coïncidant avec l’annonce de la fin de saison le 27 juillet, où la jeunesse a exprimé sans détour ses inquiétudes mais aussi sa volonté d’être actrice du changement.
Le rôle des médias a fait l’objet de débats nourris, notamment lors de la 40e session le 6 juillet 2025, interrogeant le modèle économique des médias sénégalais entre assises croisées, régulation incertaine et dérives des chroniques. Ces discussions se sont étendues aux influenceurs et aux contenus sur les réseaux sociaux, questionnant la responsabilité des nouveaux acteurs dans un paysage médiatique en mutation, avec des observations sur les défis de programmation et la disponibilité des invités. La soirée électorale consacrée aux législatives a constitué un moment fort de pédagogie démocratique, rappelant l’importance de l’information citoyenne.
D’autres thèmes ont enrichi cette saison, explorant la société dans toutes ses dimensions. L’architecture et l’innovation ont ouvert un champ de réflexion sur les villes de demain, durables et inclusives. La question des enfants à besoins spécifiques a mis en lumière les défis de l’inclusion éducative et sociale. La sécurité de l’emploi au Sénégal a été abordée sous l’angle de la précarisation et du besoin urgent de politiques adaptées. Enfin, le Divan a élargi son regard vers la région et le monde : la gouvernance politique au Mali et au Burkina Faso a été discutée dans le contexte des transitions en cours.
L’héritage des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 a également été célébré comme une opportunité historique. La session du 2 février 2025, en présence de l’équipe des JOJ Dakar 2026 a exploré les préparatifs de cet évènement notamment la préparation, les particularités et l’accueil de cet événement, incluant des initiatives locales comme la production de médailles par des bijoutiers sénégalais.
Ainsi, la saison 4 du Divan Citoyen restera comme celle de l’ancrage concret et de la diversité des thèmes, où la santé, la justice, l’éducation, les médias, la gouvernance et l’innovation ont été discutés avec rigueur et ouverture. Elle a montré la vitalité de la parole citoyenne, avec des engagements notables et notre capacité commune à faire dialoguer des mondes différents : institutions et vécu quotidien, innovation et défis sociaux, Sénégal et sous-région. En reliant des enjeux interconnectés comme l’influence numérique et la désinformation, cette saison a non seulement permis de réfléchir mais aussi de tracer des pistes d’action, confirmant le Divan Citoyen comme un espace indispensable de dialogue et de construction collective.
Un immense merci à tous nos participants, partenaires et abonnés pour cette saison inoubliable !
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