Abdou TOURE est un consultant humanitaire. Scout sénégalais et membre de l’association des Eclaireurs et Eclaireuses du Sénégal (EEDS), du Word Organisation Scout et du mouvement Humanitarian Action Consultant, il nous présente aujourd’hui son métier.
Bonjour Abdou, quel est votre métier ?
Bonjour, je suis consultant humanitaire pour le Bureau Mondial du Scoutisme.
Comment faire comprendre à un enfant l’essentiel du métier de consultant humanitaire ?
En langage très simple, mon travail consiste à former les Organisations Scoutes Nationales de différents pays. Je les aide à se préparer face aux catastrophes et à intervenir, en cas de besoin, pour protéger la vie et préserver la dignité humaine.
Quel parcours académique et/ou professionnel faut-il suivre pour l’exercer ?
D’abord, il faut être membre de l’organisation scoute de son pays. On dépose ensuite une candidature qui doit être validée par cette organisation nationale. Une fois cette étape franchie, l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS) prend le relais pour la formation.
Mon cas est un peu particulier : en plus d’être scout, je suis secouriste diplômé depuis plus de 20 ans. En 2014, les Éclaireuses et Éclaireurs du Sénégal m’ont mandaté pour intégrer le ROSTER, un groupe d’intervention humanitaire spécialisé dans la protection de l’enfant au Sénégal. Cette mission m’a permis de maîtriser la coordination humanitaire aux côtés de spécialistes du ministère de la Santé, de l’UNICEF et de Plan International. J’ai ainsi pu participer à la rédaction de la stratégie nationale sur la protection de l’enfant et du plan de contingence national.
En 2019, le Bureau du Scoutisme Africain m’a contacté. Ils avaient entendu parler de mon expertise et souhaitaient que je rejoigne le nouveau programme du Bureau Mondial : la formation des consultants humanitaires. J’ai accepté et j’ai été envoyé en Thaïlande avec la première cohorte. C’était une formation de très haut niveau, dispensée par des spécialistes des « clusters » (pôles) humanitaires.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans l’exercice de ce métier ?
C’est le sentiment d’utilité : savoir que chaque action que je pose contribue directement à sauver des vies.
Partagez-nous une anecdote qui illustre la réalité du métier de consultant humanitaire.
En 2025, Franck, un responsable du scoutisme malgache, m’a informé que le cyclone Garance frappait le sud de Madagascar et que la ville de Morondava était inondée. Il a ajouté : « Les scouts se mobilisent pour évacuer les habitants et les mettre à l’abri. Le groupe que tu as formé est sur le terrain »
En voyant les images de la ville dévastée, j’étais profondément triste pour la population. Mais voir « mes gars » en action, sauvant concrètement des vies grâce à ce que nous avions appris ensemble, m’a rendu immensément fier et confiant.
Est-ce le métier dont vous rêviez enfant ?
Oui. Quand j’étais tout petit, je voyais à la télévision les images d’enfants éthiopiens affaiblis et je me disais qu’un jour, je devrais agir pour aider ces enfants à retrouver le sourire.
Quel métier souhaiteriez-vous que l’on vous présente ?
Vu le contexte actuel et les risques liés à la cybercriminalité, je voudrais découvrir le métier de spécialiste en cybersécurité (ceux qui sécurisent nos données).


