[183]. Les 50 jeunes qui font bouger le Sénégal en 2019 !

 [183]. Les 50 jeunes qui font bouger le Sénégal en 2019 !

Le magazine Intelligences a publié dans sa dernière édition le palmarès des 50 jeunes qui font bouger le Sénégal. Comme il fallait sans doute s’y attendre, la liste a fait bouger les réseaux sociaux. Dans une vidéo postée sur sa page le 16 mai 2019, Mme Amy Sarr Fall a tenté de fournir certaines infos sur ce classement.

Elle affirme notamment avoir été guidée par le souci de combler le manque de reconnaissance et de soutien dont souffrent les jeunes. Ceux et celles qui figurent dans le palmarès sont en train de faire bouger les choses dans leur secteur. Ce classement traduit ainsi la diversité des champs d’intervention de la jeunesse sénégalaise.

Relevons jusque que le propre d’un classement est sa relativité. En l’absence de données scientifiques, on se base sur des données factuelles. Celles-ci sont alors interprétées et en cela, chacun s’y prête avec son référentiel et sa grille de lecture. Relatif ne veut pas dire nul et avec le recul, je me rends compte que ce top 50 vaut son pesant d’or.

En scrutant un peu plus la composition de la liste, on remarque que sept secteurs d’intervention ont été retenus. Les lauréats sont ainsi répartis comme suit :

  • six (6) nous viennent du secteur des Sciences et la recherche,
  • six (6) proviennent des Institutions
  • Douze (12) sont dans l’Entrepreneuriat,
  • Six (6) viennent des Médias,
  • Trois (3) évoluent dans le monde du Sport
  • Six (6) ou sept (7) si on compte les jumeaux double 🙂 sont dans l’engagement citoyen;
  • Dix (10) proviennent du milieu des Arts et de la culture.

Ce top 50 révèle un relatif équilibre entre hommes (29) et femmes (21 personnes) dans des secteurs clés de la vie sociale. Il a mis l’accent sur les jeunes, ce qui en fait une cible particulièrement intéressante. Les données fournies par l’ANSD en 2018 les évaluent ainsi à un peu plus de 4 millions. N’en retenir que 50 n’a donc pas été une chose aisée pour le jury de sélection.

Qui est jeunes (et qui ne l’est pas) ? La jeunesse est un concept sociologique et non juridique. En droit, on utilise les concepts de mineur et majeur qui renvoient à des réalités différentes.

Jeunes, de corps et d’esprit

Comme indiqué, les seuils dépendent des cultures, des environnements et des visées. En occident, un individu est considéré jeune lorsque son âge n’excède pas 25 ans. Nous avons par contre une conception différente en Afrique. Au Sénégal par exemple, le Conseil national de la jeunesse fixe la limite à 35 ans.

En l’absence donc d’un référentiel normé, chaque entité choisit le seuil qui lui semble pertinent. La logique voudrait cependant qu’on s’astreigne au respect de critères qu’on s’est volontairement choisi Dans une réaction publiée par Sen Enquête, Mme Amy Sarr Fall relève que le seuil de 40 ans a été la limite retenue.

Le critère de l’âge a été croisé avec d’autres pour élaborer le palmarès des 50 jeunes qui font bouger le Sénégal. Ont été donc déterminants :

  • le sens patriotique de l’engagement;
  • le dynamisme dans le secteur;
  • la contribution au développement social, économique ou culturel du Sénégal;
  • le sens de l’innovation;
  • l’ouverture sur le monde.

Pour l’essentiel le public a acquiescé à ces points. Les « contestations » n’ont pas véritablement porté sur la présence de telle ou telle autre personnalité. Elles relevaient plutôt de la déception de ne pas voir une « référence » figurer sur cette liste. C’est une situation compréhensible parce que nous avons tous des profils qui pouvaient figurer sur cette liste.

Je ne connais pas toutes les personnes qui sont sur cette liste de 50. J’ai eu un commerce avec certains, d’autres me sont connus de noms et un troisième groupe de parfaits inconnus. Leur particularité, comme l’a relevé Mme Amy Sarr Fall, a été le courage d’agir. Nous pensons souvent aux mêmes projets et initiatives mais seuls ceux qui entreprennent réalisent finalement des choses. Nous devons donc en apprendre et changer de paradigmes.

Prendre un nouvel envol

A mon sens, l’établissement de ce palmarès a le mérite de régler plusieurs défis qui se posaient à nous. Le top 50 nous fournit aujourd’hui une palette de personnalités qui sur nous pouvons encore compter. Nous avons besoin de soutenir chacun de ces profils pour qu’ils puissent davantage consolider ce qu’ils font. Ceux qui ne figurent pas sur la liste doivent aussi continuer de nous inspirer.

Par ailleurs, ce classement contribue à déconstruire cette politique de négation de l’individu au profit du groupe. On ne peut servir sa communauté sans en tirer ne serait-ce qu’une reconnaissance de ses membres. En mettant en exergue le rôle joué par chacun de nous, nous encourageons d’autres à initier, à oser l’action et la réussite.

Même dans notre conscience collective, nous avons peur de la réussite et si elle survient nous faisons comme s’il n’en était rien. Deuk bi kofiné est-ce que mingui dox, danane leu affaires doxoul dé. Comment peut-on dans ce cas, inciter d’autres à agir, à oser, à se lancer dans l’aventure si nous ne célébrons pas nos champions ?

J’évoque pour finir le dernier élément qu’est la publicité. Qu’on le sache désormais, nous sommes dans un monde où les choses doivent être connues pour exister. Ceux qui s’essaient à cette entreprise ont déjà beaucoup de difficultés à se faire une place, waxouma nak gniko défoul. La décision de ne pas communiquer sur ce qu’on fait peut relever d’un choix personnel. Autrement, il faut quand même faire des efforts pour ne pas se sentir ignoré.

Alaaji Abdulaay

Blogueur citoyen

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