[128]. Activisme des sénégalais, des notes et des leçons

 [128]. Activisme des sénégalais, des notes et des leçons

wambedmi, oser la citoyenneté

L’activisme des sénégalais devrait certainement faire l’objet d’études plus poussées pour qu’on en apprenne davantage. Je disais déjà dans un post Facebook que notre activisme subissait des mutations et nous avons franchi une étape décisive lorsqu’on a pris conscience de nos capacités de changements. Si la date du 23 juin reste la plus récente, il a puisé dans un passé tout aussi récent.

Dans les années 2000, nous avons vécu le militantisme des rappeurs qui a débouché sur la première alternance. Que n’a t-on pas dit sur leur manque de respect ou leurs comportements irrespectueux ? Même si la répression a été moins physique que dans le cas du 23 juin, de véritables campagnes de discrédit ont été menées contre les têtes de file. Au départ épars, ils ont pris conscience de leurs forces et ont opéré le changement.

Si les rappeurs ont utilisé la musique et Y’en A Marre la rue, l’activisme des sénégalais aujourd’hui se passe sur les réseaux sociaux. Chaque génération utilise les moyens de son époque et nous nous démenons avec les outils à notre disposition. Personne ne doute désormais que les réseaux sociaux offrent une tribune d’expression que chacun de nous peut utiliser selon ses attentes et à dessein.

Ceux et celles que les médias classiques n’avaient pas jugé dignes d’intérêt peuvent désormais prêcher chapelle et être entendus. Nous n’avons certainement jamais eu les mêmes convictions ni la même manière de voir le monde. Ce n’est pas une chose que les réseaux sociaux vont corriger et ce n’en est pas l’objectif. Ils constituent pour les citoyens de formidables opportunités d’expression et d’interpellation.

Le monde semble s’effondrer pour ceux à qui ont demande des comptes mais ce n’est que le début. Selon qu’on est dans une gouvernance ouverte ou qu’on n’accorde aucune importance à l’avis de ses citoyens, on perçoit l’outil comme une menace. Depuis qu’on a vécu ce qui est communément appelé « printemps arabe », ces moyens de communication sont dans le viseur des Etats

Si la réaction des pouvoirs publics se focalise sur la répression, nous devons agir autrement. Le plus grand mal que nous pourrions nous causer cependant est d’entrer en collusion les uns contre les autres. Nous devrions dans un esprit de dépassement nous soutenir et nous renforcer. Aujourd’hui, chacun l’expérimente selon ses objectifs et ses référentiels mais il faudra au plus vite qu’on prenne conscience du pouvoir de ces outils.

Au delà des tumultes

On note au quotidien des centaines d’initiatives avec des résultats plus ou moins encourageants. Au commencement, tout n’était pas parfait et c’est la somme des tentatives qui a crée et consolidé ces différents mouvements. Nous ne devons pas avoir peur d’essayer, de nous tromper et de recommencer sans cesse. Ceux qui actent auront toujours en face les partisans du statu quo et leurs discours n’est qu’aléatoire. Mako wakh

C’est pourquoi d’ailleurs, je n’ai pas jugé nécessaire de vouer aux gémonies les phénomènes Assane Diouf ou Kémi Séba. Ce n’était pas la meilleure opportunité non plus de montrer ma haine pour nos dirigeants ou leurs affidés. J’ai plutôt essayé de rentrer leurs actions dans un cadre plus englobant afin d’en tirer de meilleures leçons. Et de leurs sorties, je perçois un apprentissage, ce qui peut justifier certaines actions mal perçues.

C’est le cas lorsque Assane Diouf se met à insulter en live les dirigeants plusieurs heures durant. Pour défendre les sénégalais contre une gouvernance non conforme à la démocratie, il se délie de certaines normes sociales. C’est également au nom de notre droit au développement que Kémi Seba a brûlé devant les caméras ce qui symbolise notre soumission.

On peut trouver à redire du comportement des uns et des autres et de leur forme d’action mais deux choses subsistent. Assane Diouf a drainé du monde et peu d’entre nous peuvent se targuer de pouvoir réaliser ce score. Essayé léne sett. Kemi Seba s’est mis en pôle position sur nos fils d’actualité et peu également peuvent se le permettre. Essayé watt len khol.

Il n’y a pas de luttes plus justes que d’autres et cela est valable pour les méthodes et les niveaux d’engagement. Assane Diouf et Kémi Seba paieront de leur engagement mais finalement c’est la rançon de tous les activistes. L’activisme des sénégalais n’y est en rien différent mais leur mérite résident en ce qu’ils agissent, loin du confort

Alaaji Abdulaay

Blogueur citoyen

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