[56]. Argent, mobilisation et élections au Sénégal

 [56]. Argent, mobilisation et élections au Sénégal

Argent, mobilisation et élections au Sénégal sont trois facteurs fortement présents dans les systèmes démocratiques. L’état d’une démocratie peut faire que l’un puisse prévaloir sur l’autre mais en tous les cas, seule la vérité citoyenne prévaudra. Le Sénégal ne fait pas exception à cette règle et l’évolution démocratique dévoile les mutations de notre environnement.

Depuis que l’affaire du financement de la campagne électorale de 2012 par de l’argent du dopage a éclaté, on en a entendu des vertes et des pas mûres. L’affaire n’est pas prête à s’estomper au regard des débats qui se profilent autour de l’affaire Diack. Et comme on pouvait s’y attendre, le financement de la campagne du candidat Macky Sall s’est invité dans la danse.

Sur l’impact de cet argent dans la victoire de Macky Sall, j’ai une idée assez claire de la situation. Quiconque avait été à sa place aurait recueilli les suffrages qui ont porté ce candidat au Palais de la république. Les alternances à la tête de ce pays, en 2012 comme en 2000, restent donc le résultat d’une mobilisation citoyenne. C’est cela que je retiens.

Je ne suis pas sûr que Lamine Diack ait pu dépenser autant ou plus que le PDS et ses alliés au cours de cette élection. Le parti au pouvoir ne compte pas seulement sur des ressources propre et l’argent public peut rapidement se confondre avec les moyens du parti. Par conséquent, seul notre carte d’électeur a le pouvoir de faire et défaire selon les règle d’un système démocratique.

Avant toute cette histoire

En 2000, des citoyens se sont mobilisés pour informer et encourager les jeunes à détenir une carte d’électeur et aller voter. Avec la plateforme Sunu Cause, ils se sont mobilisés et aux côtés des médias classiques pour démocratiser l’information politique et électorale. Cette alternance porte la signature argent et mobilisation citoyenne.

En 2012 encore, mobilisation identique pour rappeler aux citoyens leur pouvoir dans le choix du président de la république. Ces jeunes ont initié le Dass Fananal, ils ont été devant l’Assemblée nationale le 23 juin et ont parlé à leurs proches. Ils ont agit sous la coupole du mouvement Y’en a marre et ont ouvert les yeux à certains d’entre nous pour le résultat qu’on connait. Cette alternance porte aussi la signature argent et mobilisation citoyenne.

Ils n’ont pas besoin de revendiquer la paternité de ces avancées alors même qu’ils ont eu le mérite de susciter le changement. Le peuple a fait le reste en agissant au mieux de ce qu’il pensait être dans ses intérêts. Aujourd’hui que les choses ne sont pas allées dans le sens espéré, on ne peut cependant leur imputer la couardise de leurs dirigeants.

En 2016 avec le référendum, en 2017 avec les législatives et la présidentielle en 2019, nous déciderons sur la base des propositions. Nous serons à quelques années de notre premier engagement et attendrons donc une évaluation des premiers engagements.

Les temps ont quand même changé

Li ma nek xalé yëp, j’ai toujours vu des mamans porter des tissus à l’effigie de Abdou Diouf et se partager les billets de 5 000 ou 1 000 francs. Ce qui a fondamentalement changé, c’est notre regard sur cet argent; elle continue à être encaissé mais ne conditionne plus le vote. Nous savons aujourd’hui que les sommes distribuées sont les montants qui devaient servir à notre développement donc à notre bien être.

Les citoyens ont combattu la « patrimonialisation » du pouvoir avec le président Abdou Diouf et l’avons vaincu. Cela a également été le cas dans la lutte contre la « dévolution monarchique » prêtée à Abdoulaye Wade et l’avons vaincu. Nous serons au rendez-vous avec Macky Sall et nous vaincrons, en le reconduisant pour un autre mandat ou en portant le choix sur un autre projet de gouvernance.

L’argent, qu’elle soit propre ou sale, qu’elle vienne d’ici ou d’ailleurs, qu’elle soit distribuée ou thésaurisée, n’en fera rien. Nous sommes un peuple capable de dépassement, ils n’ont qu’à continuer à nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. C’est leur réveil qui sera difficile.

En toute compétition, il y’ a les férus d’entraînements, les fans de la compétition mais seul le résultat au final fera la différence. Il est connu que le peuple sénégalais est patient, sait honorer ses rendez-vous et nous y serons.

Alaaji Abdulaay

Blogueur citoyen

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