[226]. Penser la Biennale de l’art comme un levier de « l’économie de la culture »

 [226]. Penser la Biennale de l’art comme un levier de « l’économie de la culture »
source image Biennale

Nous avons eu du plaisir à dialoguer avec Oumy Régina Sambou autour de la 14e édition de la Biennale de l’art contemporain de Dakar. Journaliste culturelle et rédactrice en chef du site d’informations Africulturelle, Regina est une passionnée de la culture et une actrice de cinéma.

Pour cette édition et à l’image de cet évènement culturel, elle nous a gratifié du IN et du OFF lors de cette session du divan. Divers points ont été évoqués. Nous les résumons ici, en espérant que vous aurez l’occasion d’écouter l‘intégralité de la session disponible jusqu’à la fin de ce mois de juin 2022.

Qu’un rendez-vous de passionnés ?

L’édition 2022, qui célèbre ses trente années, a commencé par la mise en lumière de la littérature et des arts visuels. C’est quelques années plus tard qu’elle s’est recentrée sur les arts visuels.

La Biennale de l’art se déroule principalement à Dakar avec une version officielle appelée le IN. Celle-ci, agrémentée d’expositions et de conférences se tient principalement au niveau de l’ancien Palais de justice, à l’extrémité de Dakar.

La version OFF quant à elle, permet à divers acteurs, personnes physiques comme morales, de tenir des expositions ainsi que diverses autres manifestations. En règle générale, un évènement OFF est déclaré au niveau du comité d’organisation afin de recevoir un fanion de la Biennale.

La Biennale de l’art est un des trois rendez-vous culturels les plus prestigieux du continent africain avec une forte participation de nationaux et d’étrangers, aussi bien au niveau des artistes que du public.

Une opportunité touristique

Lorsqu’on parle de rendez-vous culturel, d’événement international, l’on a aussi en vue l’arrivée de visiteurs étrangers. Ces derniers viennent en tant qu’exposants, acheteurs ou visiteurs, et participent à la vie économique et au commerce notamment. C’est donc une activité cruciale qui doit figurer dans l’agenda touristique du Sénégal.

Selon Regina, une convention a bien été signée entre le Comité d’organisation de la Biennale de l’art et l’Agence sénégalaise de promotion touristique (ASPT). En termes de mise en œuvre concrète cependant, on semble être loin du compte, même si on peut constater que beaucoup d’hôtels ont fait le plein.

Comme l’a rappelé un des participants à la discussion, la Biennale de l’art peut-être une formidable opportunité de mettre en relation divers secteurs qui mis ensemble génèrent un écosystème sur le long terme. Ce sera le meilleur moyen de mettre un terme à cette conception de l’art comme outil de divertissement.

L’art, au delà de la gratuité et du divertissement

Quand est-ce que tu m’offres un tableau ? Un sculpteur ? Ton dernier CD ? Un ticket de concert ? Ces questions, les artistes de divers secteurs y sont confrontés de façon régulière sans trop savoir comment ou quoi y répondre. Pour beaucoup d’entre-nous, une production peut être mise à disposition gratuitement, pour soutien.

 Afin de booster le secteur vers une réelle professionnalisation, diverses initiatives sont menées à titre individuel pour la plupart. C’est notamment le cas de Kalidou Kassé qui a initié le marché de l’art africain dans le cadre de la Biennale.

De son côté, Sylvain Sankale assiste des artistes dans leur parcours professionnel avec un accompagnement juridique. Au niveau local également, des possibilités de soutien sont à la disposition des créateurs dans les différents centres régionaux de formation. 

Les professionnels du secteur avaient également pu obtenir du gouvernement qu’1% du marché de la décoration dans tout projet d’infrastructure publique soit concédé aux locaux. Un projet qui reste à concrétiser.

La Biennale de l’art, une opportunité de retour à la source

La Biennale de l’art se tient aussi à un moment où le débat fait rage autour du rapatriement du patrimoine culturel africain en Occident. Même si officiellement divers appels ont raisonné en vue de faire revenir des objets sur le Continent, il reste que des questions cruciales doivent être prises en charge.

Il s’agit notamment de la conservation des œuvres et de notre relation aux biens culturels. Il n’est pas sûr que nous soyons les champions de la conservation des biens culturels, ni que nous accordions beaucoup d’intérêts à leur conservation.

Ce tableau ne semble pas être spécifique à un pays ou une région du continent mais en toute chose égale par ailleurs, il reste que ces considérations ne peuvent entraver le projet de retour aux sources.

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