[58]. Amadou Sy, le sifflet à la circulation aux Maristes

 [58]. Amadou Sy, le sifflet à la circulation aux Maristes

Agent de circulation aux Maristes, Oumar Sy a été volontaire pendant plusieurs années. Une belle reconnaissance de l’administration qui l’a recruté au niveau de la fonction publique. Nous vous racontons aujourd’hui son histoire, l’histoire d’un volontaire citoyen

Tay mom, je republie un article de El hadj Ibrahima Thiam du Soleil, quotidien d’informations sénégalais. Il nous livre cette belle histoire d’un homme qui a fait preuve, pendant plusieurs années, d’un engagement affirmé et désintéressé.

Je l’ai croisé très récemment et lorsqu’on m’a conté son histoire, j’avais décidé de publier un billet sur lui, histoire de lui rendre hommage. Pas du genre kou def lou reuy am lou reuy. Sa leçon a été plutôt de nous dire voilà ce que j’aime faire, de mieux, et au service de mon peuple, de ma nation.

Les utilisateurs de ce tronçon avaient l’habitude de lui glisser quelques billets de banque; J’appréciais cela ndax te loxooy kajor day wessalo te kula nekaal si naaj bi, nekal ko si ker gi.

Son intégration dans la fonction publique sénégalaise n’est ni trop tôt, ni trop tard. Juste à temps parce qu’il a exercé ce métier pendant 16 longues années, bénévolement. C’était le moment de le faire mais on ne l’aurait pas fait qu’il ne s’en serait pas plaint. Pas publiquement en tout cas, donc bravo à l’administration qui a reconnu son mérite.

Pour l’histoire

« Ma famille et moi avons accueilli cette nouvelle avec beaucoup de joie, de fierté et surtout de modestie parce que quand je m’y engageais, je n’attendais aucune rétribution en retour. J’étais juste motivé par le souci de rendre service à mon pays »

Tous les jours, aux heures de pointes, qu’il vente ou qu’il pleuve, ce grand gaillard, chasuble vert et casquette vissée sur la tête, essaie, tant bien que mal, de réguler la circulation devenue particulièrement dense sur ce tronçon depuis que le centre de contrôle technique a ouvert ses portes.

Il ne rechigne pas à cette tâche et s’en acquitte sans rien attendre en retour. C’est ce volontariat, cet engagement désintéressé, ce sens de l’engagement citoyen de haute facture que l’État a tenu donc à primer à travers cette décision inédite. Le message est clair.

A travers ce geste, les autorités ont, sans doute, voulu donner ce quinquagénaire en modèle de citoyen, un homme qui s’est engagé pour sa communauté sans attendre de savoir ce que son pays pouvait faire pour lui, comme pour paraphraser l’ancien président américain, John Fitzgerald Kennedy.

Tout a commencé le 2 janvier 2000, un jour de vendredi…

Ce revendeur de fûts en plastique, terrassé par la fatigue se repose sous l’ombre d’un arbre sur la route de Yarakh. Un embouteillage monstre se forme à cause d’un camion en panne. «Toute la circulation était bloquée. Je me suis dit pourquoi ne pas intervenir et essayer de dénouer cet écheveau. Ce que je suis parvenu à faire au bout de deux heures.

Le hasard a fait que j’avais un sifflet dans mes poches», se rappelle ce père de cinq enfants. C’est le déclic. Il a pris conscience que chaque Sénégalais, sans rien attendre, peut contribuer, d’une manière ou d’une autre, au développement de son pays. […]

Sous l’arbre

Mais les débuts furent difficiles, mais cet agent de la circulation aux maristes a fait fi des qu’en-dira-t-on et autres quolibets qu’il n’a pas manqué d’encaisser. « C’était difficile, mais j’ai essayé, tant bien que mal, de faire abstraction des critiques parce que certains ne comprenaient pas ma démarche. Mais heureusement que beaucoup de gens m’ont félicité »

Dès lors, que sa femme a accepté son choix, Amadou Sy s’est senti pousser des ailes. Tous les matins, il quitte son quartier de Yeumbeul, tôt le matin, vient à Yarakh, à Colobane ou à Pompier pour réguler la circulation.

Finalement, c’est sur la route des Maristes qu’il s’est établi. Et c’est là qu’il s’est fait connaître. En 2009, une automobiliste l’a renversé. Amadou Sy s’en est sorti avec le bras cassé. Cela n’en a pas émoussé pour autant son engagement. Deux mois plus tard, il revient encore plus déterminé.

Aujourd’hui, si Amadou Sy a un message à lancer aux Sénégalais et surtout aux chauffeurs, c’est celui-ci : « changeons de comportements sur la route, il est temps. Cela éviterait beaucoup d’accidents. Le manque du sens de la responsabilité est la cause de presque tous les accidents de la route ».

La rédaction

redaction@divancitoyen.com

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