[160]. Je suis maquilleuse de cinéma et effets spéciaux

 [160]. Je suis maquilleuse de cinéma et effets spéciaux

Maquilleuse de cinéma et spécialiste des effets spéciaux sont des métiers peu courants au Sénégal. Adjara Kane en a fait son quotidien. Pourtant, elle est diplômée du Centre de formation artisanal du Lycée Delafosse où elle décrocha en 1999 un diplôme en céramique avec la mention A-Bien. Céramiste-plasticienne, Adjara excelle dans le modelage, le tournage et la décoration sur pièce céramique. Aussi se met-elle à la peinture sur toile et aux installations.

Voulant capitaliser le maximum d’expérience et parfaire son apprentissage, elle participe à plusieurs stages tenus dans des ateliers de céramique à Dakar et réalise sa première exposition collective en 2002 à la maison de la culture Douta Seck avec des artistes comme Younouss Seye.

Adjara KANE, avec plusieurs cordes à son arc, a accepté de partager son métier sous le format CINQ+1

Quel est votre métier/profession ?

J’ai plusieurs cordes à mon arc. Je suis céramiste, artiste peintre et de temps à autre je suis dans la réalisation. Dans le métier du cinéma, je fais du maquillage professionnel et des effets spéciaux, métier que nous allons évoquer aujourd’hui.

Qu’est ce qui vous plait dans l’exercice de ce travail ? Qu’est ce qui vous donne au quotidien l’envie d’exercer ce métier ?

Au début, j »intervenais comme maquilleuse mais avant de me lancer dans le métier du cinéma, j’ai eu beaucoup de collaborations. C’est ainsi que j’ai travaillé avec beaucoup d’artistes et conçu plusieurs affiches et spots publicitaires. C’est dans ce cadre que j’ai travaillé avec des entreprises telles que Sofia, Patisen, Kiréne et dans une campagne de promotion des huiles baobab. Dans ce parcours également, j’ai en outre collaboré avec Vincent Bloch un photographe de renom.

Quel est le cursus (formation académique ou séjour professionnel) qu’il faut pour exercer votre métier ?

Il n’ y a pas au Sénégal une école où l’on peut suivre une formation en cinéma. J’ai pu quand même me former auprès de spécialistes comme M. Boye de Ciné Banlieue. Quant au maquillage dédié au cinéma et aux effets spéciaux, il n’y a pas d’école de formation. C’est pourquoi, j’ai fait de l’auto formation via Youtube.

Sur cette plateforme, les professionnels mettent en ligne beaucoup de tutoriels. Une fois les techniques apprises en ligne, je m’exerce beaucoup pour en maitriser les contours. J’ai évidemment complété cette formation à l’occasion d’ateliers plus techniques.

A vrai dire, je m’éclate depuis que je suis dans ce métier. J’adore tout ce que je fais et c’est comme de la magie.

Etait-ce le métier dont vous rêviez étant jeune ou c’est plus tard que vous l’avez embrassé ?

Depuis toute jeune, je me suis découverte une âme d’artiste. Cela a d’ailleurs crée beaucoup de tensions avec les membres de ma famille qui ne l’acceptaient pas. Au Sénégal, l’art est encore assimilé à de la déviance et aux mauvais comportements. Maquilleuse de cinéma n’était pas non plus un choix de départ, c’est la pratique quotidienne qui m’a fait découvrir cette passion.

Quel est le métier que vous recommanderez à votre enfant? Pourquoi?

Je n’aurais pas de recommandation à lui faire dès l’instant qu’il exerce un métier compatible avec sa culture et sa religion. Selon ses choix et aptitudes, je le soutiendrais au mieux de mes capacités. J’ai conscience qu’on ne peut s’épanouir que dans un métier qu’on aura choisi soi-même. Si en plus, on arrive en à vivre, c’est un excellent choix.

S’il décide également d’épouser un métier du cinéma, je pourrais l’accompagner et faire en sorte qu’il n’ai pas à vivre certaines difficultés auxquelles j’ai été confronté.

Quel métier voudriez-vous qu’on vous présente ?

Le métier d’artiste plasticienne

La rédaction

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