[105]. Des violences et de la politique au Sénégal

 [105]. Des violences et de la politique au Sénégal

Wa Mbedmi, Oser la citoyenneté

Ce que nous enregistrons comme violence n’en est qu’à son stade initial. Lorsque la grande masse se réveillera, nous apprécierons mieux la conséquence de nos politiques.

Je souhaite à toutes et tous bon magal. Que nos prières soient exaucés et que notre Nation en ressorte ragaillardie. Je reprend aujourd’hui un post de notre ami Abdou Ndukur Kacc Ndao au sujet de la violence notée dans ce pays. Tout comme lui, je note que nous ne nous posons pas les bonnes questions et ne faisons pas une analyse froide de ce phénomène.

Je suis fondamentalement opposé à la peine de mort comme mécanisme pour endiguer la violence. Il s’agit d’une réponse superficielle avec un fort soubassement de vengeance, donc de violence. Elle nous empêche par ailleurs d’interpeller nos autorités sur les mesures prises et leurs efficacité.

Le procureur de la république Serigne Bassirou Gueye a tenu un point de presse ce dimanche 20 novembre. Dans sa déclaration, il a indiqué que les peines applicables en matière d’assassinat sont suffisamment dissuasives (travaux forcés à perpétuité). Le problème est donc ailleurs.

Les titres et intertitres sont de la rédaction

Bonne lecture

Les sénégalais, comme sonnés par leur naïveté calculée, semblent découvrir que notre pays est devenu un îlot de violences. Un taximan abattu à bout portant. Une responsable politique de l’APR égorgée…On se demande si on est vraiment amnésique ou si nous refusons comme d’habitude de nous confronter à nos propres réalités.

Parlons de violence politique.

Notre pays en a connu et sans doute les plus graves purges sous le régime UPS-PS. Senghor et son régime ont en massacré plus d’un et sous des formes très diversifiées. Au fond de nos consciences refoulées et sans doute pour respecter la mémoire de l’académicien, nous avons des scrupules pour en parler. Sans doute pour ne pas heurter les lobbies senghoristes encore très actifs dans ce pays.

Nous aurions aussi pu avoir les mêmes interrogations sur le 1er Mawdo, Mamadou Dia, Abdoulaye Wade, Abdou Diouf, Macky Sall et de toutes ces générations qui ont usé et abusé de la violence comme forme de gouvernance étatique et politique. On se rappelle souvent des nombreux cas de morts qui ont jalonné nos campagnes électorales.

Certains tués par balles, d’autres égorgés sous forme de sacrifices humains. La société magique est venue alourdir les ambiances et pratiques ténébreuses des sénégalais qui sont dans un déni permanent de leurs réels vécus.

Pourtant dans les différents tribunaux, chaque jour, des dizaines d’homicides volontaires et involontaires y sont jugés. On en compte beaucoup d’égorgés, de sacrifices rituels, autant dire des formes les plus crapuleuses. Régulièrement, nos mosquées enregistrent des bagarres de leadership qui se terminent par des morts.

Des violences au quotidien

Dans nos rues sombres et sales, chaque jour, des bandits agressent de jeunes filles innocentes et sans défense sous le regard inactif et lâche de passants qui détournent les regards. La raison principale souvent est d’accuser les autres, ces étrangers, boucs-émissaires des forfaitures de nos compatriotes.

Dans le Fouladou, régulièrement des bandes armées attaquent des villages et boutiques dépouillés de leurs argents et marchandises. Dans le sud-est à Kédougou, des bandes armées écument des villageois sans défense avec souvent morts d’hommes. Ça n’émeut pas souvent les compatissants dakarois.

Avons nous oublié que nous avons sur notre dos plus de 30 ans de conflits au sud de notre pays qui ont enregistré des milliers de morts ? On y a expérimenté toutes formes de violences meurtrières de la part de l’Armée et du MFDC.

Nous posons-nous les vraies questions ?

Au moins de se cacher la face, et sans sous estimer la valeur fondamentale d’un être humain, le rebondissement apparent des modes meurtriers de violence ces jours ci n’est qu’un épiphénomène. La vraie violence est entrain de s’organiser dans les entrailles et interstices d’une société qui a de plus en plus faim.

Une société d’accaparement avec des élites politiques subitement riches et arrogantes face à des majorités sociologiques de misère sociale.

On lui a volé ses rêves au profit d’obscures individus qui sont les premiers à exercer des violences symboliques et physiques paralysantes. Voila pourquoi, les marges sociales de la violence sont encore à un niveau « acceptable ». Le Sénégal n’est pas encore violent. Il le sera irréversiblement plus haut et plus fort.

Elle viendra de cette bombe juvénile de moins de 20 ans qui représente 75% de notre population.

Elle ne rêve même plus tant elle subit de façon cruelle les violences symboliques de politiques et vendeurs de rêves religieux qui ont fini de la transformer en des larbins. Cette jeunesse là; lorsqu’elle se réveillera, on aura compris que ce qui se passe maintenant n’est qu’épiphénomène

Abdou Ndukur Kacc Ndao
www.ndukur.com

Alaaji Abdulaay

Blogueur citoyen

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