[97]. Partir en congés, un dilemme du travailleur sénégalais?

 [97]. Partir en congés, un dilemme du travailleur sénégalais?

Il y’a un temps pour travailler et un temps pour se reposer et donc partir en congés. Ne pas en prendre pour remplir ses poches n’est bénéfique ni pour soi ni pour l’employeur. Voilà pourquoi

Je reviens cette semaine sur certains détails qui ont attiré mon attention lors d’un récent séjour hors de Dakar. Il ne serait pas impossible voire difficile de trouver d’autres personnes qui ont ressenti ce « choc ». On vit un contraste terrible d’avec ce qui est ressenti aux environs du Palais.

Mais réglons quelques préalables avant d’en arriver à cela. Namon nalen. Tabaski nak romb në Alhamdoulillah. Baal len ma aq, baal na len. Que je sache ceux et celles qui ont une dette à solder avec moi. Limay wakh dou ay door mais j’ai pu mesurer à quel point je m’étais attaché à chacun-e de vous.

Je reste pour quelques temps encore parce que les farnientes à la sauvette là, ce n’est pas dans mes cordes. Mon tonton Massamba, je sais plus ce qu’il devient celui-là, me disait. Boy, lo nek nangasi nek ba nieup khamné yanguisi. Et en réalité, je n’ai pas aussi per-duré dans mes congés que cela semble en avoir l’air.

Voyez avec moi. Si on soustrait les weekends, les jours fériés, les fêtes de Tabaski et les heures passées à répondre aux coups de fils de mon chef et sollicitations de collègues. Continuons donc dans notre manège et faites vous plaisir en m’identifiant sur vos posts. Il me plaira de vous rappeler mon statut.

Et puis, j’ai vu que vous ne vous êtes pas du tout ennuyé au vu des scores (de lectures) enregistrés par les billets de mes invités. Merci à Aboubacry, Aminata, Seynabou et Emmanuel. Vous les avez mieux lu que mes précédentes publications comme je m’y attendais un peu. Sénégal mom dagno meuna dieulé té beug lou bess mais grawoul. Je suis en mode ce que vous savez et eux … travaillent.

Congés: choisir entre la poche ou la famille

Un ami qui gère les ressources humaines dans une boite m’avait informé au détour d’une discussion qu’il arrive que des travailleurs « vendent » leurs congés. La législation impose des jours de congés aux employeurs c’est connu. Qu’elle leur donne la possibilité d’y renoncer contre argent, je ne sais pas grand chose. Walay un surplus mensuel de salaire ne nous rendra pas riche.

Je ne suis d’ailleurs pas sûr qu’en termes de productivité, ce système soit performant. Il arrive dans la vie professionnelle qu’on soit vraiment saturée. A partir de ce moment, on peine à mobiliser son énergie et l’inspiration vous manque. Vous devenez un robot et vous vous abonnez à l’activité machinale. C’est un signe, c’est un signal. Il faut décrocher et aller en congés.

Et pour la famille, ce n’est pas seulement l’absence. C’est aussi toutes les mauvaises humeurs que nous rapportons du dehors et que la famille subit au fil des jours, des semaines et des mois. Ce n’est pas toujours évident d’avoir le sourire et l’envie de s’amuser à la maison avec ces journées de labeur.

Cela ne veut rien dire, pour nous adulte, de jouer un instant avec nos enfants, de les endormir ou de sonder la profondeur de leurs clins d’œil sur nous mais c’est extraordinaire pour eux. Une collègue me disait d’ailleurs que le fait de passer des moments ensemble est important pour un couple (jeune ou vieux).

Waxuma ande ak copains yi di tahawaalu rek. Waxuma ak célibataires tamit. Il est d’ailleurs préférable qu’ils restent au bureau (fille ou garçon nak) parce qu’à la maison mom, c’est invivable. On n’en finit pas avec les va et vient de jour comme de nuit, les débordements sur la gauche des camarades, la musique à fond ou même les sathie thiabi auto.

S’investir dans le tourisme de développement

Je crois également qu’on n’a pas besoin d’énormément d’argent pour passer de bonnes vacances avec la famille. Le seul fait de sortir du cadre de travail permet de se retrouver avec soi-même, le reste est une question d’imagination et surtout de courage. Oui, avoir le courage de ranger pour un moment ce qui nous a occupé toute l’année est déjà une bonne chose.

Ceux d’entre-nous qui avons la possibilité de dépenser quelques billets de banque peuvent contribuer au développement du tourisme local. Nous avons de belles sites et de beaux univers qu’il nous est recommandé de découvrir. Nos autorités auraient pu d’ailleurs donner un vigoureux coup de pouce à ce secteur en restant au pays pour y dépenser l’argent de l’émergence.

Je pense également qu’on pourrait exploiter une partie de ce temps pour nous rendre utile auprès de la communauté. Les vacanciers qui n’ont pas le cœur à dormir matin et soir peuvent mettre leurs expertises au service du quartier, de la commune ou du village. Que nous soyez médecins, experts agricoles, charpentiers ou techniciens informatiques, on peut aider.

Le service que les jeunes américains et japonais rendent à nos parents et amis dans les hameaux les plus lointains devrait pouvoir trouver son prolongement dans l’engagement citoyen dont chacun de nous est capable. Ce serait déjà une belle leçon de sens civique si nous nous préoccupons en tant que citoyen ordinaire de la qualité de vie ou de survie de nos concitoyens.

Je sais. Vous vous demandez ce que j’ai fais de mes vacances au regard de tout ce que je viens de vous raconter. Rendez-vous dans un futur rapproché.

Alaaji Abdulaay

Blogueur citoyen

Vous exprimer sur le sujet

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

For security, use of Google's reCAPTCHA service is required which is subject to the Google Privacy Policy and Terms of Use.

I agree to these terms.

×

Hello!

Click one of our contacts below to chat on WhatsApp

× Comment puis-je vous aider ?