[243]. Le parlement panafricain enfin présidé par l’Afrique australe

 [243]. Le parlement panafricain enfin présidé par l’Afrique australe

Le zimbabwéen Fortune Charumbiraa été élu président du Parlement panafricain grâce à la règle de la rotation. L’application de la règle avait fait l’objet d’âpres discussions entre les parlementaires du Continent le 31 mai 2021, jusqu’à ce qu’ils en viennent aux mains. Cet article revient sur les péripéties de cet épisode douloureux mis fin par l’élection du Bureau.

Le Bureau et les 11 commissions assurent la gouvernance du Parlement panafricain. Le Bureau est composé de cinq (5) membres et la répartition des postes devait permettre une représentation équitable des cinq régions du Continent. Les 4 Caucus régionaux (Afrique du Nord, de l’Ouest, Centrale, de l’Est) comptant plus d’Etats et donc de parlementaires, l’Afrique australe n’a jamais pu positionner ses candidats du fait de l’application de la règle 1 parlementaire – 1 voix.

De sa création en 2004 au 31 mai 2021, la présidence du Parlement a été assurée ainsi qu’il suit:

  • De 2004 à 2008, Gertrude Mongella (Tanzanie, Afrique de l’Est)
  • 2009 à 2012, Idriss Ndélé Moussa (Tchad, Afrique centrale)
  • 2012 à 2015, Bethel Amadi (Nigéria, Afrique de l’Ouest)
  • 2015 à 2020, Nkodo Dang (Cameroun, Afrique centrale)
  • Et par intérim entre avril 2020 et juin 2022, Djamel Bouras (Algérie, Afrique du Nord)

Pour corriger cette situation, l’application de la présidence tournante avait été demandé et des promesses auraient été faites aux parlementaires de l’Afrique australe en 2015 et en 2018. Cette promesse ne s’est jamais matérialisée. C’est ainsi que le 31 mai 2021, au moment de procéder au renouvellement du Bureau, les parlementaires de l’Afrique australe ont scandé « No rotation, No vote« .

Les évènements qui ont suivis ont fait l’actualité et le tour du monde. Des représentants des différents parlements nationaux se sont donnés en spectables, bloquant ainsi le fonctionnement d’une institution qui peinait déjà à trouver sa place dans l’architecture institutionnelle du continent africain. En réaction à ces « scènes de violence choquantes qui ternissent l’image de cette honorable institution« , le Président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat, demande et obtient la suspension des activités parlementaires.

La rotation au bout des négociations

Le point d’achoppement concernait l’applicabilité de la rotation. Bien que la règle soit appliquée au sein de l’Union africaine, le Protocole l’établissant n’était « pas encore en vigueur, faute d’un nombre suffisant de ratification » affirmait Moussa Faki Mahamat. En effet, l’article 12 du Protocole de Malabo prévoit que « le Bureau est élu sur la base d’une rotation entre les cinq régions de l’Union africaine » mais seuls 14 Etats sur les 28 nécessaires à son entrée en vigueur, ont ratifié le texte.

Pour faire évoluer la situation, des consultations ont été tenues à Midrand avec le Caucus d’Afrique australe et à Addis Abeba avec les Caucus d’Afrique centrale, Afrique du Nord, Afrique de l’Est et Afrique de l’Ouest. A la suite, le Conseil exécutif a adopté les décisions 1128 et 1148 avant que celles-ci ne soient approuvées par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement.

Elles prévoient que les élections du Bureau du Parlement panafricain se tiennent par rotation pour permettre aux deux Régions qui n’ont pas encore présidé le Bureau, de le faire. En application de ces décisions, les élections se sont tenues le 29 juin 2022, consacrant l’élection du zimbabwéen Fortune Charumbira (Afrique australe) à la tête de l’institution parlementaire continentale.

Cet élection a mis fin à la période trouble que le Parlement panafricain a connu pendant au moins une année. Les différentes parties ont donc semblé pris conscience de leur responsabilité et décidé de donner à l’institution parlementaire continentale la place qui doit être la sienne.

« Ensemble, nous pouvons accomplir davantage, nous ne développerons notre continent que si nous sommes unis et c’est une chose essentielle que notre peuple doit voir et expérimenter de notre vivant »

Honorable Fortune Charumbira, 29 juin 2022

Le Bureau du parlement panafricain a pris la décision d’aller un peu plus loin en veillant à ce que chaque Région préside au moins deux Commissions et dispose d’au moins de deux rapporteurs.

La rédaction

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