[64]. Pourquoi la RTS continue à violer nos droits de citoyens?

 [64]. Pourquoi la RTS continue à violer nos droits de citoyens?

wambedmi, oser la citoyenneté

La RTS, en tant que média audiovisuel se doit d’avoir un comportement équidistant des différentes chapelles politiques et sociales. Je reve hein? Oui apparemment au vu des réactions du directeur de la RTS suite à la sortie du régulateur CNRA.

En faisant un peu de recherche sur la RTS, je suis tombé sur un bon point d’entrée. Wawaw, j’en fait dé, lou ngéne fok et surtout pas de polémique. Je reprends ci-dessous la réponse de Babacar TOURE, président du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel à Jeune Afrique. Il répondait à une question sur la régulation des médias lors de ce référendum.

« Certains médias privés ont tenu compte de nos observations. Mais concernant l’audiovisuel public, nous avons le sentiment de prêcher dans le désert.  Le service public de l’audiovisuel n’en fait qu’à sa tête – et à la tête du client – ignorant superbement les principes inscrits dans les textes. « La religion du roi est celle des sujets », semble-t-on penser. Seulement la République, qui est d’abord l’affaire des citoyens, s’accommode mal des pratiques d’accaparement et d’exclusion.

D’ailleurs, je doute que de telles pratiques rendent service au pouvoir en place, aujourd’hui comme hier. »

Sur ce point précis, je suis d’accord avec ses remarques. Sur la suite de son interview, j’ai d’autres points d’achoppement notamment sur la façon dont l’organe qu’il dirige régule l’action des médias. J’y reviendrais par conséquent dans un prochain billet. Pour le moment, restons sur la RTS pour partager la réaction de Racine Sy. « Je n’ai pas voulu répondre au Cnra, mais nous n’avons reçu aucune demande du Front du Non.

Ils ne nous ont pas transmis leur programme et ce n’est pas la RTS qui va courir derrière eux pour leur arracher leur programme. Il faut déposer le programme et ensuite on le prend en charge. On a bien pris en charge le Oui à travers différents reportages, mais pour le reste, le camp du Non n’était pas à ce moment-là suffisamment structuré » Racine Talla, directeur général de la RTS

RTS, service public ?

Je ne ne veux pas arbitrer ce duel mais je ne peux m’empêcher de penser que Racine n’a pas totalement raison. En réalité, je demeure convaincu qu’il a tort. En refusant de donner suite à la mise en demeure du Conseil de régulation, il montre le peu de respect envers l’instance. Je comprend donc mieux Babacar Touré quand il dit que lorsqu’une « chaîne a la puissance publique derrière elle, le sentiment d’impunité l’emporte ».

C’est également manquer d’élégance que de juger le « Front du Non » comme non structuré. Ici, ce n’est ni le journaliste encore moins le responsable d’une chaîne publique d’audiovisuel. Racine Sy a porté sa casquette d’homme politique et s’est adressé à ses adversaires, d’où une confusions des genres et d’un manquement à l’objectivité.

Je reste convaincu enfin que Racine Talla n’a pas pris la pleine mesure de sa position de prestataire de service public. La RTS est nationale, elle n’est ni d’Etat ni de parti, elle assure le service public de l’audiovisuel. En refusant de « courir derrière » ceux qui prônent le NON, il nous prive de notre droit à une information plurielle. Son statut lui impose de communiquer toutes les sensibilités pour accompagner le choix des citoyens.

En s’en abstenant, ils prennent fait et cause pour un camp,  omettent volontairement de nous dire la vérité et cherchent malencontreusement à orienter notre vote.

Dommage

Cette télé est nôtre, elle survivra à tous les tenants du pouvoir comme ce fut le cas par le passé. Il en sera ainsi aujourd’hui et demain et c’est bien dommage qu’ils ne semblent pas le comprendre.

A la question « Que faut-il faire pour que la RTS devienne ce qu’elle aurait dû être?« , l’essentiel des feed-back se résumaient au réponses qui suivent : « On ne peut rien faire! » – « Il faut la fermer! » – « Je ne regarde plus cette télévision! », « Rien du tout, elle est du côté du pouvoir« . Je ne pense que ce sentiment soit du désintérêt, le mal me semble plus profond.

La manière donc la RTS fonctionne ne satisfait que ceux qui l’utilisent comme instrument de propagande. En tous les cas, je ne pense pas que le fait de se détourner et de laisser faire reste la meilleure approche. Il nous faut réfléchir à d’autres alternatives et la suggestion faite par Bachir Fofana mérite un examen approfondi.

Il préconise une réforme visant à sélectionner ou recruter un directeur (pour la RTS, APS et le Soleil) par appel à candidatures. Une autre alternative serait de faire nommer ces directeurs par l’organe un organe indépendant ou autonome. C’est d’ailleurs le cas en France où le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) nomme les directeurs des chaines du service public.

Je suis également très porté sur la mobilisation citoyenne comme outil de changement. Le CESE a mis en place une procédure d’interpellation citoyenne par la voie de la pétition et l’on devrait y songer. Finalement le changement ne viendra que si nous somme déterminé pour faire de la RTS une vitrine au travers de laquelle chacun se reconnait.

Alaaji Abdulaay

Blogueur citoyen

5 COMMENTAIRES

  • La question fondamentale ici reste l'utilisation du personnel politique que chaque leader draine et qui l'appuie dans sa conquête du pouvoir. Chaque président vient avec son projet et ses hommes et donc on ne peut certes pas leur donner les postes sans les compétences requises mais le plus difficile à gérer reste leur indépendance et leur "devoir" de loyauté.

  • Papa Ismaila Dieng effectivement que c'est pas complet. Ce qu'il faut savoir c'est qu'en France l'audiovisuel public n'est pas financé par la publicité mais par le budget national. On pourrait arriver à cette formule qui permet de garantir l'indépendance financière des organes publics

    • Quel est le mode de financement de l’audiovisuel au Sénégal pour les chaines du service public

  • La nomination des dirigeants sur appels a candidature est une bonne option mais incomplète. Elle est incomplète en ce sens que ces entités ne jouissent pas d'une autonomie de gestion et financière suffisante pour mener une vraie politique de rupture dans ces maisons de communication.
    C'est une bonne chose de nommer un directeur indépendant, mais c'est une autre de lui laisser les coudées franches pour mener à bien la mission qui lui est assignée.

    • Si nous arrivons déjà à choisir les directeurs nationaux selon leurs compétences et non leurs appartenances politiques, ce sera déjà grande avancée. Par ailleurs l’institution a beau être forte, si ceux et celles qui l’animent n’ont pas une claire idée de leurs responsabilités, ce sera une autre paire de manche. Mais daal faisons évoluer ce système actuel

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