[31]. L’Ucad entre Caserne et Case des tout-petits

 [31]. L’Ucad entre Caserne et Case des tout-petits

wambedmi, oser la citoyenneté

Il se dit que les conditions d’études à l’Ucad deviennent de plus en plus mauvaises au fil des ans. L’Ucad on le sait a les solutions de ses propres problèmes, à condition que les démarches épousent l’esprit d’une université. Nous notons que les efforts pour rendre meilleures ces conditions d’études n’atteignent pas leurs objectifs. S’est-on interrogé sur la démarche?

La crise dans nos universités a fait la une des manchettes et l’objet de débats dans nos grand’places. Je ne vous en raconterais pas autant que ce qui a été déjà dit. Si vous cherchez donc un scoop, vous pouvez arrêter votre lecture et passer à d’autres choses sérieuses.

Comme la plupart d’entre vous, je n’ai pas apprécié la « violation » des franchises universitaires même si la loi permet au recteur d’intervenir. Sur la base d’une évaluation du trouble ou de la menace, il peut requérir le concours des forces de sécurité pour un rétablissement de l’ordre. Généralement, celles-ci investissent le campus, social ou pédagogique, à coups de matraques et de grenades lacrymogènes.

La peur de se faire molester par ces outils d’un autre genre, prend généralement le dessus sur la hargne des étudiants. Il arrive cependant que la riposte des forces de sécurité s’opérationnalise avec une violence inouïe: tabassages en règle, accusations de vol de matériel, brouillard de fumées et bordel en pagaille. Ben après, chacun nettoie devant sa porte!!! Dor mou nor, gnou kholi fénéne!

A mon humble avis, comme nign koy wakhé, ces scènes n’ont pas leurs places à l’université. Déjà les conditions d’études à l’Ucad font qu’une personne y perd ses moyens très vite.Ensuite, l’esprit universitaire se prête moins à des règles en vigueur dans une caserne de militaire ou une garderie d’enfants. L’université a ses règles et l’esprit critique y est un principe fondamental.

Université, un espace de contestation

Depuis l’université, j’ai toujours pensé que les conditions d’études à l’Ucad étaient organisées de telle sorte qu’on n’ait pas du temps pour la réflexion. J’avais le sentiment d’évoluer dans un système qui, à travers les âges, les générations et les gouvernances, était répliqué. Il fallait occuper les intellectuels à d’autres batailles, à défaut de les divertir.

Peut être que toute cette situation ne date pas d’aujourd’hui et probablement le ministre de l’enseignement supérieur n’y est pour rien. Si tout ce que je viens d’énoncer a une réalité, il est comme nous acteur ou victime de cette scène tragique. Plus encore, il en est comptable parce que c’est lui l’autorité en charge de ce secteur et de ses orientations.

Nous sommes tous conscients de l’état de santé faiblissant de l’enseignement supérieur. Seulement, si des mesures vigoureuses et urgentes doivent être appliquées, c’est maintenant qu’il faut s’y prendre. Il faudra impérativement que qu’une génération fasse l’effort de supporter les difficultés liées à la mise en œuvre des réformes nécessaires. Nos dirigeants devront également faire preuve de courage.

On n’a pas le choix. Il y a un prix à payer et il faudra trouver les ressources nécessaires. Elles ne sont pas simplement financières, elles relèvent également de la gestion de l’humain et la méthode actuelle n’est pas la meilleure. Pour illustrer, regardons de plus près la manière cavalière dont les étudiants ont contraints de signer les accords. Ils ont dénoncé du chantage et de la manipulation té lolou da solution bou pérenne.  la meilleure. Quelques exemples

Boursiers, sans bourse délier

Evoquer les conditions d’études à l’Ucad, c’est prendre en charge la question sous ses différentes coutures. Nous avons vécu les « carambolages » lors des inscriptions des nouveaux bacheliers. Quelqu’un a semblé oublier que l’internet est encore un luxe dans beaucoup de régions au Sénégal. Instaurer donc ce système unique d’inscription, c’est de faire des nouveaux bacheliers des victimes d’un mauvais système.

Ils savent et on su, mieux que nous, que des réformes ont besoin de mesures d’accompagnement. A la place, il a fallu se débrouiller et s’en accommoder ou alors ne pas s’inscrire du tout. Idem pour la gestion des bourses sauf que le miracle ne fut pas au rendez-vous. Pour une raison simple. Monsieur, vous ne pouvez continuer à imposer vos points de vue à la communauté, ni vos manières de faire.

La conspiration de Wade  ou le manque d’efficacité d’Ecobank furent tout simplement de malheureux prétextes. Nos quatre principales universités ne pouvaient être en grève en même temps, pour les mêmes causes et que vous veuillez quand même les garder motus et bouches cousues. Ce n’est pas un jeu de triceps. C’est une débat contradictoire et une concertation continue qui fait vivre l’université.

J’imagine les pluies de kher, khotou guerté ak mboussou ndokh au Palais si jamais Macky restait 6 mois sans payer les salaires des ministres. Ay amoul fok la wakh » nga fay dég. Six mois sans bourses, ça valait bien un petit exercice de courses poursuites mais les flics n’avaient pas compris.

Alaaji Abdulaay

Blogueur citoyen

2 COMMENTAIRES

  • La déliquescence dans laquelle est plongée l'Université Cheikh Anta Diop me désole au plus haut point. Ce temple du savoir, vers lequel nombre de Sénégalais mais aussi d'Africains venant d'horizons divers convergeaient jadis, ressemble à s'y méprendre de nos jours à une zone de guerre … Revendications de toutes sortes, grèves en veux tu en voilà, minent cet espace et rendent la transmission du savoir quasi impossible !
    Celui dont l'université porte le nom, Cheikh Anta Diop pour ne pas le nommer, aurait eu honte de voir ce que l'UCAD est devenue.
    Etudiants, corps professoral, mais aussi autorités étatiques, doivent vraiment se réunir autour d'une table, afin de trouver des solutions de sortie de crise, afin que l'enseignement supérieur sénégalais en sorte GRANDI !
    Superbe article by the way
    NFK

    • Merci NFK pour ta contribution.

      Même l’université de Saint-Louis ne semble plus échapper à cette tentative de décrédibilisation de l’institution supérieure.

      Je reste fondamentalement persuadé que la stratégie d’échec mise en place par les pouvoirs publics ne peut que nous desservir. Kham kham dou dow, ni en quantité, ni en qualité et nous sommes encore loin de la masse critique

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