[165]. Un ingénieur géologue est un scientifique créatif

 [165]. Un ingénieur géologue est un scientifique créatif

Ingénieur géologue ! Un titre qui renvoie à quelque chose de foncièrement technique pour un sénégalais lambda. Etre ingénieur est déjà une chose, y mêler géologie complexifie davantage. N’ayez crainte, notre invité Fary Ndao nous l’explique en des termes très accessibles. Il est passé par Petrosen Elenilto, le COS PETROGAZ et est par ailleurs artiste poète à ses heures perdues. Il est l’auteur de « L’or noir du Sénégal » un livre de vulgarisation sur le pétrole et le gaz au Sénégal et en tant que militant, un des co-auteurs de l’ouvrage collectif « Politisez-vous »

Fary a accepté de se soumettre à l’exercice 5+1

Quel est votre métier/profession

Je suis ingénieur géologue. Un métier qui se situe à mi-chemin entre l’ingénieur qui cherche à optimiser les ressources et le géologue naturaliste qui cherche à comprendre des phénomènes physiques et chimiques vieux de plusieurs dizaines voire centaines de millions d’années.

Les ingénieurs géologues cherchent, trouvent et extraient des ressources naturelles minérales du sol et du sous-sol comme les métaux (or, argent, cuivre, zircon) et hydrocarbures (pétrole, gaz, charbon). Ils peuvent aussi travailler dans la caractérisation des matériaux de construction et de travaux publics (géotechnique pour travaux routiers et génie civil)

Qu’est ce qui vous plait dans l’exercice du métier de géologue? Qu’est ce qui vous donne au quotidien l’envie de l’exercer ?

J’aime l’idée de « faire parler » la nature, de comprendre son fonctionnement pour la pousser à nous révéler ses secrets (c’est à dire les ressources qu’elle a formées, accumulées et cachées dans des endroits du sous-sol). C’est à la fois un challenge purement scientifique et qui demande aussi un peu de créativité. En ce sens, le géologue curieux en moi est plus développé que l’ingénieur.

Au quotidien, depuis quelques temps, je travaille plutôt sur des questions stratégiques et de vulgarisation vis à vis du grand public. J’ai donc quitté la technique mais je reste dans le domaine des ressources naturelles. J’aime cela aussi car le scientifique a un devoir de pédagogie, il doit expliquer ce qu’il fait, comment il le fait et surtout pourquoi il le fait. J’aime cette forme de responsabilité sociale et intellectuelle que doit développer le technicien.

Les ressources sont extraites pour satisfaire un mode de vie, une manière de voir le monde, pour satisfaire nos désirs matériels et sociaux. D’ailleurs chaque choix technique est, quelque part, un choix social.

Quel est le cursus (formation académique ou séjour professionnel) qu’il faut suivre ?

Il y a deux voies classiques. La première voie est de faire, après le bac, une classe préparatoire (bac+2) déjà intégrée aux écoles d’ingénieur en géologie. On peut également faire une classe préparatoire externe et ensuite postuler au concours d’entrée de ces mêmes écoles. Si l’on réussit le concours, on y passe ensuite trois ans, soit la durée du cycle ingénieur, pour obtenir son diplôme.

La seconde option est d’aller à l’université, de faire une licence (bac+3) en géosciences puis de déposer un dossier d’admission en cycle ingénieur. Si le dossier est accepté, on fait son cycle ingénieur de trois ans. Au Sénégal, la faculté des Sciences de l’UCAD permet de faire une licence en géosciences, et l’école la plus reconnue du pays est l’Institut des Sciences de la Terre (IST), dépendante de l’UCAD. Elle existe depuis 1982.

Est-ce le métier dont vous rêviez étant jeune ou c’est plus tard que vous l’avez embrassé ?

Je rêvais d’être footballeur professionnel. Mais très tôt, dès mes 6 ou 7 ans je me suis pris de passion pour les questions scientifiques, notamment la cosmologie, c’est à dire l’étude des phénomènes et des lois physiques de l’univers, la lumière, les étoiles, l’espace, sans doute influencé par mon père, scientifique de formation, et les innombrables documentaires que je regardais en sa compagnie.

Cette envie de comprendre le monde qui m’entoure s’est petit à petit transformée, sans totalement disparaître, en envie de comprendre les phénomènes sociaux et économiques liés aux ressources naturelles en Afrique. De plus, avec un grand frère travaillant dans l’exploitation pétrolière, je me suis pris de passion pour cette ressource, exceptionnelle à tout point de vue même si elle pose aujourd’hui, avec le charbon, un vrai défi climatique pour l’humanité.

Ainsi, me voici devenu ingénieur géologue, mais je demeure un curieux, qui touche à tout et qui, je l’avoue, regrette encore un peu de ne pas être devenu footballeur professionnel.

Comment pourriez vous accompagner votre enfant à choisir un métier ? Pourquoi?

Hormis le risque, mineur, de « transférer » sur mon enfant mes propres rêves, comme celui de le voir devenir sportif/sportive de haut niveau, je le soutiendrai quelle que soit sa vocation. En revanche, je ne laisserai pas trop divaguer, passer d’une passion à l’autre, d’une année à l’autre, sans jamais en approfondir une seule. À l’ère du butinage intellectuel, pour être compétent, il faut se consacrer à développer son savoir et son savoir-faire dans le secteur qui nous passionne.

Etant plus jeune, j’ai fait beaucoup de choses (artistiques, associatives, intellectuelles, académiques), cela m’a enrichi mais également causé du tord parfois car on ne peut pas tout faire en même temps. J’espère pouvoir aider mon enfant à s’enrichir tout autant mais en étant plus concentré sur sa passion et sa vocation première.

Quel est le métier que vous souhaiteriez qu’on vous présente?

J’aimerais bien savoir comment vivent les pêcheurs au quotidien. Quelle est leur routine, comment ont-ils appris les ficelles du métier, comment cela se passe t-il en mer, etc.

La rédaction

redaction@divancitoyen.com

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