[62]. La DIC ne peut réguler les médias

 [62]. La DIC ne peut réguler les médias

La police ne peut réguler les médias et il nous faut, avant tout, nous entendre sur ce fait. La liberté de la presse est une des plus grandes conquêtes de notre siècle qu’il faut préserver. Même si les dérives notées ne peuvent rester impunies, il faut mettre en avant l’action des acteurs dédiés à cette tâche. La Division des Investigations Criminelles n’est pas un régulateur des médias.

J’ai envie de vous souhaiter de passer une bonne semaine même si j’ignore spécialement pourquoi ce jour. C’est peut être du à la fraîcheur qui envahit la capitale, il est connu que le froid rapproche les cœurs.

Je reviens sur ce billet un peu plus largement sur un de mes posts Facebook la semaine dernière. Mon interrogation portait en particulier sur la propension des gouvernants à privilégier le recours à la DIC pour corriger des manquements notés dans les médias. Je ne puis affirmer que nos autorités politiques soient dans cette dynamique d’instrumentaliser cette unité de la police judiciaire.

La Dic est au premier rang dans la lutte contre la criminalité et je ne suis pas sûr que les journalistes soient pour eux les prises qu’ils rêvent d’avoir dans leurs filets. Cette expression est une manière de parler et ne signifie pas que les journalistes et membres de la société soient des yabooy ;). Bien que poyka sakh amna valeur parce que mom réka meun pépessou.

Plus sérieusement, cette police a mieux à faire et nous devons tous veiller à ce que nos hommes politiques ne les engorgent de « dossiers politiques ». Il y’ a de ces affaires qui sentent le règlement de comptes à mille lueurs et mobiliser les effectifs pour ces affaires pourraient les empêcher d’assurer la mission de sécurité plus essentielle pour notre pays.

Au delà des passions

Il est vrai que notre système d’organisation politique et administrative place les forces de sécurité sous la tutelle de l’autorité politique. Les ministres de l’Intérieur et des forces armées, affiliés généralement au parti au pouvoir, ont ce rôle dans notre pays. C’est cependant toujours heureux qu’ils aient en esprit de servir la Nation et non le parti.

Ce que l’opinion relève, c’est la superbe « capacité de dépassement » dont peuvent faire preuve ces autorités à l’endroit de leurs partisans. Ils ne sont pas mal lotis en injures publiques et manquent allégrement aux bonnes règles de conduite sociale. Même si on a conscience qu’il nous faut aller vers une moralisation de l’espace publique, ce moyen s’y prête peu.

Et donc, ce n’est pas à la police d’être au premier plan dans cet effort de normalisation du paysage audiovisuel. Le Conseil pour l’Observation des Règles d’Ethique et de Déontologie dans les médias (CORED) ou le Comité National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA) doivent pouvoir faire l’affaire.

Le Cored est composé de dix membres, choisis parmi d’éminents journalistes. Il a pour mission de juger des pratiques de la profession et de sanctionner les fautifs en cas de manquement. Le président Macky Sall disait des membres qui le compose, qu’ils « constituent une fierté […] pour la corporation et pour le pays« .

Mettre en branle les organes légitimes

Le Cnra aussi offre à chaque citoyen l’opportunité de le saisir sur les « contenus audiovisuels en cas d’éventuels manquements aux dispositions législatives et réglementaires régissant les médias audiovisuels ». L’instance peut également se saisir de toute question relevant de sa compétence et en délibérer.

La structure accorde un traitement particulier à chacune de ces interpellations et prend contact avec la partie incriminée. Le Comité lui signifie par courrier le grief formulé à son encontre et lui rappelle la disposition légale ou réglementaire applicable. Elle sera donc appelée à s’y conformer, sous risque d’application de la sanction prévue.

Ces entités autonomes ont besoin d’être mises valorisées aussi bien par les citoyens que les démembrements de l’Etat. La validité d’une mesure est en partie renforcée par la compétence de l’institution qui la délivre. Par conséquent, une sanction éventuelle du Cored ou du Cnra a plus de légitimité qu’une série de convocations policières.

La proposition n’est donc pas de faire abandonner à l’Etat central ses prérogatives régaliennes. Les autorités doivent continuer notamment de veiller sur la sécurité et la tranquillité publiques. A charge par conséquent pour les autres acteurs de ne pas laisser le champ vacant. Dans la normalité des choses, une collaboration devrait être de mise.

C’est à ce niveau que je perçois la pertinence de l’intervention de la police ou de la justice. Je ne suis pas sûr que le commissaire de la Dic et ses officiers seraient mécontents qu’on leur enlève ce grelots. Ces casseroles qui bruissent à chaque fois qu’une convocation d’un  média est annoncée. Simple présomption

Alaaji Abdulaay

Blogueur citoyen

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