[2]. Manifestation: Et si le Mbed se refusait au silence…

 [2]. Manifestation: Et si le Mbed se refusait au silence…

Comme tout ce qui se passe dans le Mbed nous intéresse, parlons de l’occupation de la voie publique. Des images au quotidien nous donnent une idée de la manière dont l’inacceptable peut être érigée en règle de comportement. Salaw!

Faisons l’impasse sur l’appartenance politique de ceux/celles-là qui ont l’habitude de « supporter leurs candidats ». Arrêtons-nous juste un moment sur le lieu ayant servi de cadre à la manifestation. C’est je crois notre Mbed national, un lieu qui nous est commun. Faudrait d’ailleurs qu’on revienne vous et moi sur la signification qu’on donne de la chose commune.  

Ces troubles réglementés

En principe et dans la pratique, une manifestation, publique ou privée est soumise à la règle de la déclaration préalable adressée à l’autorité administrative (lettre d’information au préfet/sous préfet, signée par les trois organisateurs). Elle est déposée au plus 15 jours et au moins 3 jours francs. Lolou la yonou rewmi dogal!

Mais comme vous le constatez, des exemples d’occupations anarchiques de la rue publique font foison et chaque événement est un prétexte pour « barrer » la route. Et pour ne rien arranger, des télés commencent à institutionnaliser le sabar de mi-nuit. D’ailleurs de nos nuits, tout s’y bouscule : thiant, ganalé, gamou, tanebeer

Deux choses me chagrinent. Primo, nous n’avons pas le 911 comme les yankees. Et puis sakh, ne vous y aventurez pas si vous ne désirez pas être traité de toubab, « ki xamoul bopam way, lii nga xamné béne yone rek la si ate bi. Yomb na mougn« ; sauf que chaque évènement se déroulant une fois et chaque jour son évènement, la boucle est rapidement bouclé.

Si vous êtes chanceux et sociable, ben vous êtes invité à la manifestation sinon le bruit et le brouhaha se chargeront de vous informer. Qu’importe, secundo, que vous soyez malade, que vous jouiez votre avenir ou votre carrière le lendemain, on vous prendra la mi-nuit. Peut être nak vous pourrez tirer profit si barké beuss bi, niane yi dale la.

Et puis d’ailleurs pourquoi se plaindre puisqu’à l’Université même, chez les bons esprits, on y chante et on y danse.

Hors de portée de nos oreilles

Pourtant, il parait qu’Outre atlantique (clin d’œil aux lecteurs d’Europe, d’Amérique), les organisateurs de manifestations se voient attribués une salle, une heure de début et une heure de fin, avec obligation de rendre propre les locaux après usage. Et ils s’en accommodent bien. Khamna nak dagno silwissé!
Mais bon faut savoir que là-bas aussi, on pense pas aux prochaines élections, ni aux fatwa qui vous enverront direct là où vous savez, ni même aux voisins qu’on évite de frustrer quand bien même ils se soucient peu de votre confort.

Si sama khel bou gatt dé, je me disais que les autorités étaient élus et/ou nommés pour réguler et régler l’espace public. Peut être qu’elles ne sont pas au courant de tout ce que je raconte là.

Mais le plus important à mon avis, c’est le geste individuel. Il se pourrait que les choses évoluent positivement si chacun de nous se sent concerné par la quiétude de son voisin.

Alaaji Abdulaay

Blogueur citoyen

10 COMMENTAIRES

  • gnoune khana gnoun gniko déf mbéd bour

    • Wayé dama yakarné dagniy diawatlé li nieup bok ak lou kéneu momoul.

  • mbed mi dafa salete trop

    • Kouko saletel aussi diarna wakh

  • Je pense que pour que cela change il faut des dirigeants forts capable de prendre de grande décision sans reculer devant les préssions économiques, religieuses, et sociales.Le "Maslaa" ne régle RIEN.

    • Cela semble d’autant plus aisé qu’il existe tout un arsenal préventif et répressif à ce sujet. Il faudrait probablement qu’ils sentent qu’une partie importante de la population est contre de telles pratiques s’il est avéré qu’ils ont besoin de soutien pour réagir

  • La situation dans nos Mbed mi reflète notre niveau de civisme et d'éducation et surtout de tolérance. Ceux qui dérangent la quiétude de leurs voisins sont considérés comme les plus civilisés et les victimes sont prises pour des intolérants, méchants….
    On nourrit même de la condescendance envers eux et sont considérés comme des non croyants. Pourtant, ce sont ces mêmes Sénégalais qui se rebiffent de la façon de prier de certaines églises à Dakar. lls arrivent à les casser ou incendier.
    Où est la tolérance ici ? Quand eux mêmes font pire en occupant la voie publique, là où les fidèles de ces églises sont dans des locaux loués ou achetés.
    Quant à l'Etat il est prompt à refuser des autorisations de manifestation de citoyens en droit d'exprimer leur opinion mais quand il s'agit des vacarmes des adeptes de la pollution sonore dans nos rues de tous les jours et de toutes les heures, c'est le laisser aller.
    La solution, avec les Sénégalais, comme partout d'ailleurs dans le monde, c'est le bâton. Il faut taper. Seul l'Etat a cette prérogative, cette obligation. Wa Salam

    • Cela semble d’autant plus aisé qu’il existe tout un arsenal préventif et répressif à ce sujet. Il faudrait probablement qu’ils sentent qu’une partie importante de la population est contre de telles pratiques s’il est avéré qu’ils ont besoin de soutien pour réagir

  • Personnellement, je pense que tant les gens resteront égoïstes et hypocrites la situation " bi si mbed mi" ne changera jamais. et aussi tant que le Massla national n'est pas éradiqué de nos habitudes, cela deviendra encore pire. Ne doit-on pas penser aux gens malades couchés chez eux et qui ont besoin de calme? Ne doit-on pas penser aux gens qui doivent se lever aux aurores pour aller au travail et qui ont besoin d'une bonne nuit de sommeil? Doit-on toujours se taire face à ces vacarmes pour ne pas heurter le voisin ou pour éviter de se faire traiter comme un marginal? Il est temps que les choses évoluent "si mbed mi" et que nous soyons conscients….

    • Il fut un temps où il suffisait juste d’alerter la police pour qu’elle se déplace sur les lieux. Pour des raisons que j’ignore, cela se fait de moins en moins
      Le plus marrant, c’est que même le code pénal sénégalais tolère ces « pratiques sociales ou coutumières

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